La coalition gouvernementale du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a perdu mercredi sa majorité au Sénat à l'issue d'élections provinciales. Elle devra désormais s'appuyer sur d'autres partis pour faire passer ses lois, tandis que le Forum voor Democratie (FvD), la formation de droite du populiste Thierry Baudet, a fait une entrée fracassante à la chambre haute en en devenant le deuxième parti, selon les sondages sortie des urnes de la télévision publique NOS.

Les résultats de ce scrutin étaient suivis avec attention au-delà des frontières à l'approche des élections européennes de mai, qui pourraient également voir une forte poussée des partis populistes.

Les membres du Sénat seront officiellement nommés en mai par les 570 représentants élus lors de l'élection de mercredi dans les 12 provinces du royaume.

Un référendum pour Mark Rutte

Thierry Baudet est connu pour ses propos controversés, notamment sur l'immigration ou l'égalité entre hommes et femmes. Il a notamment jugé que «les femmes en général excellent moins professionnellement et sont moins ambitieuses».

Présent dans la chambre basse, mais parti de zéro au Sénat, le FvD est sorti grand vainqueur des élections mercredi en remportant 10 sièges dans la chambre haute. Le jeune parti arrive juste derrière le VVD de Mark Rutte (12), qui perd un siège, selon les sondages effectués à la sortie des urnes.

GroenLinks, parti écologiste de gauche, mené par Jesse Klaver, a également fait de bonnes affaires en passant de 4 à 8 sièges. Le parti pour la liberté (PVV) anti-islam, dirigé par le député d'extrême droite Geert Wilders, essuie en revanche un revers en passant de 9 à 6 sièges.

Aux yeux du parti socialiste (SP), ces élections étaient clairement un «référendum sur Mark Rutte», même si ce dernier avait déjà déclaré qu'il ne se retirerait pas en cas de perte de la majorité gouvernementale. Mark Rutte est au pouvoir depuis huit ans. Un avenir lui est prédit à Bruxelles, après avoir joué un rôle-clé dans les négociations sur le Brexit entre l'Union européenne et Londres.

Baudet accuse Rutte de mener une politique d'immigration «naïve»

La fin de la campagne électorale aura été marquée par une fusillade sanglante à Utrecht. Possible attaque terroriste, l'attaque dans un tramway d'Utrecht, qui a fait trois morts, a encouragé des partis de droite à propulser le sujet de l'immigration au premier plan des derniers débats. Un suspect né en Turquie a été arrêté et la piste terroriste est étudiée «sérieusement».

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Après la fusillade d'Utrecht, tous les partis politiques avaient interrompu leur campagne lundi, à l'exception du FvD de Thierry Baudet, suscitant de vives critiques de la part des autres formations.

Lors de sa réunion électorale, le jeune et télégénique Thierry Baudet n'a pas hésité à accuser le gouvernement de Mark Rutte de mener une politique d'immigration «naïve». Il a déclaré qu'un «changement de cap s'imposait, sinon cela se produira plus souvent aux Pays-Bas», en référence à l'attaque d'Utrecht.

Le refus de Thierry Baudet d'interrompre sa campagne a suscité la réprobation de plusieurs députés et a été qualifié de «dégoûtant» par Rob Jetten, chef du parti progressiste de gauche D66, membre de la coalition gouvernementale. Thierry Baudet a justifié son choix de poursuivre ses réunions électorales, en estimant que «nombre de réactions [à la fusillade, ndlr] semblaient un peu superficielles et pas sincères».