Le premier ministre polonais Marek Belka tente d'en finir avec les caciques de son parti, le SLD (ex-communiste), en les poussant à voter en faveur de l'autodissolution de la Diète (chambre basse du parlement) en vue d'organiser des législatives anticipées le 19 juin prochain.

«Je ferai tout pour que le 5 mai la Diète décide de son autodissolution», a déclaré le chef du gouvernement. Il n'a toutefois pas été jusqu'à dire qu'il démissionnerait si l'autodissolution n'était pas votée. Mais pour lui, une page est tournée. «Indépendamment de la décision des députés, je considérerais la mission de mon gouvernement accomplie», a-t-il assuré, rappelant qu'il avait accepté en mai 2004 de succéder à Leszek Miller pendant un an et qu'il y aurait ensuite des législatives anticipées.

Après avoir balayé en octobre 2001 l'ancienne coalition de droite au pouvoir le SLD, allié à l'Union pour le Travail (UP), avait remporté 213 sièges sur 460. Mais il a connu de nombreux déboires, dont une série de scandales de corruption qui l'ont fait chuter très bas, à 3% de taux de satisfaction, dans les sondages. Aujourd'hui, le navire sombre. Après une scission au sein du SLD et la création d'un Parti social-démocrate polonais (SdPL) en mai 2004, une nouvelle formation centriste, le Parti démocrate, est en voie de création et recrute parmi les technocrates, dont ceux du SLD: le vice-premier ministre chargé de l'Economie, Jerzy Hausner, vient de les rejoindre. Marek Belka semble prêt à l'imiter. Derrière ce nouveau parti, l'ancien premier ministre Tadeusz Mazowiecki et un dissident de l'époque de Solidarité, Wladyslaw Frasyniuk. Tous deux sont pour l'instant à la tête de l'Union pour la Liberté, à laquelle appartient aussi l'ancien ministre des Affaires étrangères Bronislaw Geremek.

«L'effet de domino a été déclenché par l'initiative au centre et je ne pense pas que quiconque puisse l'arrêter», a déclaré M. Belka. Pour lui, «la direction actuelle du SLD n'est capable d'aucune proposition nouvelle. Elle ne fait en réalité qu'attendre sa mort.»

Aussi prévoit-il l'autodissolution du parlement le 5 mai et l'organisation d'un scrutin anticipé le 19 juin. Pour la suite, il estime que le 26 septembre doit être la date du premier tour de l'élection présidentielle et du référendum sur la Constitution européenne. Ces dates doivent être fixées par le parlement, mais le président Kwasniewski les a déjà approuvées jeudi.