Dans la nuit de mercredi à jeudi, «l’EI a réussi à avancer au nord et au centre-ville après un cycle de violents combats qui ont éclaté hier (mercredi) et se sont poursuivis jusqu’à jeudi matin», a déclaré le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Il s’agit de la première avancée depuis plusieurs jours des jihadistes dans cette ville. Ils se sont également emparés de plusieurs villages à l’ouest de cette ville, selon la même source. Des tirs incessants d’armes automatiques et d’obus de mortier étaient entendus jeudi matin en plusieurs points de la ville, survolée dans le même temps par des avions de la coalition, selon des témoins.

Centaines de morts

Selon un bilan avancé par l’OSDH, les frappes de la coalition ont tué 553 personnes en un mois, dont 464 combattants de l’EI. L’OSDH estime aussi que 57 membres du Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et 32 civils dont six enfants et cinq femmes, sont morts lors des frappes.

La «grande majorité» des combattants tués «ne sont pas des Syriens», précise l’Observatoire, basé à Londres. Quatre hommes originaires de Lunel près de Montpellier (France) sont d’ailleurs morts le week-end dernier lors d’affrontements en Syrie, selon le quotidien régional «Midi Libre» qui a révélé l’information. L’EI compte 15’000 étrangers parmi ses rangs.

Deux cents combattants en renforts

Des renforts devraient arriver sous peu à Kobané. Les autorités du Kurdistan irakien ont décidé que 200 combattants s’y rendront, a indiqué jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Leur nombre fait apparaître le caractère relativement symbolique de l’aide irakienne. On estime en effet à environ deux mille celui des Kurdes qui font face à Kobané aux forces jihadistes beaucoup plus importantes.

La décision a été prise lundi par le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien après qu’Ankara a annoncé qu’elle accepterait le passage par sa frontière de combattants kurdes d’Irak (peshmergas) pour aller soutenir les Unités de protection du peuple (YPG), excluant le transit de Kurdes turcs ou d’autres nationalités. Les Kurdes réclament depuis des semaines un soutien accru de l’extérieur pour faire face à l’avancée des jihadistes.

Assistance au terrorisme

La Turquie a résisté aux pressions de l’administration américaine: elle a jusque-là refusé d’intervenir elle-même militairement pour aider les défenseurs de Kobané. Ankara considère notamment que les YPG sont l’équivalent syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles indépendantistes kurdes turcs).

Le président turc a d’ailleurs renouvelé ses critiques à l’égard de Washington à propos de l’aide américaine reçue par le PYD (aile politique des YPG). Il a affirmé avoir dit au téléphone au président Barack Obama que «toute assistance au PYD serait une assistance à une organisation terroriste».