«Dans ces temps difficiles, nous devons agir. Je suis déterminée à faire avancer le Royaume-Uni.» Déjà affaiblie après un petit mois au pouvoir, la première ministre britannique Liz Truss a cherché à reprendre l'ascendant mercredi en promettant de sortir le Royaume-Uni de «la tempête». «Croissance, croissance, croissance», a-t-elle martelé dans un discours sans annonce devant les élus et militants du parti conservateur réunis à Birmingham.

Avec la volonté de renouveler un pouvoir conservateur à la tête du pays depuis douze ans, la première ministre a réaffirmé vouloir «en finir avec le cycle d'impôts élevés et faible croissance» et insisté sur son objectif de faire «croître l'économie britannique».

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Tentant de faire taire ceux qui dans ses rangs ne cachent pas leurs doutes, et se disant une nouvelle fois «prête à faire les choix difficiles», elle a insisté sur ses priorités: baisser les impôts, améliorer les services publics, en particulier la santé, et lutter contre l'immigration illégale.

Son «mini-budget» vivement critiqué

A la tribune, elle s'en est prise à ce qu'elle a appelé la «coalition anti-croissance» regroupant partis d'opposition, syndicats et organisations écologistes, qui selon elle «préfèrent protester plutôt qu'agir».

Interrompue brièvement par des militants de Greenpeace dénonçant la fin du moratoire sur la fracturation hydraulique, Liz Truss a longuement réaffirmé le soutien du Royaume-Uni à l'Ukraine dans sa guerre avec la Russie.

Elle a aussi défendu une nouvelle fois son approche budgétaire «responsable», alors que son «mini-budget» présenté le 23 septembre pour faire face à la crise du coût de la vie a été vivement critiqué pour ses baisses d'impôts financées par la dette, faisant chuter la livre. Sous la pression de sa majorité, le gouvernement a renoncé, lundi à supprimer la tranche d'imposition la plus élevée, une volte-face qui a affaibli Liz Truss, en créant le doute sur sa capacité à garder le cap.

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La note du Royaume-Uni abaissée

Les marchés n'ont pas été rassurés par ce discours, et la livre a glissé de 2,01% face à un dollar en pleine forme, tombant à 1,1241 dollars mercredi en fin d'après-midi. Jeudi matin, elle s'échangeait à 1,1336.

L'agence de notation Fitch a, quant à elle, baissé la perspective de la note du Royaume-Uni de «stable» à «négative», dans le sillage d'une décision similaire de l'agence S&P liée aux importantes baisses d'impôts annoncées.

Ces mesures prises pour favoriser la croissance «pourraient entraîner une hausse significative des déficits budgétaires à moyen terme», a indiqué Fitch dans son communiqué.