Le check-point est presque invisible, petite structure de tôle au milieu d’une vallée de pins. Le bus le franchit sans s’arrêter: dans ce sens-là, pour aller de Jérusalem en Cisjordanie occupée, les Israéliens ne contrôlent pas. Au bout d’une dizaine de minutes se dessine la silhouette de Har Gilo, des lotissements identiques accrochés à flanc de colline, annoncés par un bouquet de drapeaux israéliens. «C’est la petite Suisse: en hiver, il fait très froid, on est à plus de 100 mètres au-dessus de la Ville sainte», rit Karine Bismuth-Bitton, une Franco-Israélienne installée ici depuis treize ans.

«On a vraiment l’impression d’être un quartier de Jérusalem; souvent, je dis que j’habite à Jérusalem.» Aux yeux du droit international pourtant, Har Gilo est illégale: c’est une colonie, au milieu de terres palestiniennes, dans les environs de Bethléem. «Je ne colonise personne», se défend Karine, qui dit s’être installée ici «pour le cadre et le prix, pas par idéologie».