L’essentiel

Dès jeudi, l’obligation de télétravail devient une recommandation et les quarantaines sont supprimées, a annoncé le Conseil fédéral. «C’est une belle journée», a lancé le président de la Confédération Ignazio Cassis.

Le gouvernement propose également deux variantes de levées des mesures sanitaires,qui prévoient toute deux une levée importante des restrictions à partir du 17 février.

Le directeur général de l’OMS a déclaré qu’«il est prématuré pour tout pays de déclarer victoire» face à la pandémie.

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi.

■ Israël allège l’usage du pass sanitaire

Israël a indiqué ce mercredi vouloir progressivement délaisser le pass sanitaire, après avoir été l’un des premiers pays à avoir mis en place ce système pour lutter contre la pandémie.

A partir de dimanche 7 février, le «tav yaroq» en hébreu (ou «pass vert» en français) délivré aux personnes vaccinées ou ayant récupéré du coronavirus, ne sera plus exigé dans les cafés, les restaurants, les bars, les salles de sports ou les hôtels, souligne le ministère de la Santé.

Ces allégements interviennent au moment où l’Etat hébreu, qui avait lancé en décembre 2020 une vaste campagne de vaccination et introduit dès février 2021 le pass sanitaire, enregistre des records de contaminations liées à la propagation du variant Omicron.

Selon les données du ministère de la Santé, quelque 60 000 nouveaux cas ont été enregistrés ces dernières 24 heures et 2 618 patients sont hospitalisés.

■ Omicron a détruit de nombreux emplois en janvier aux Etats-Unis

Les entreprises privées aux Etats-Unis ont été frappées de plein fouet par le variant Omicron en janvier. Résultat: des centaines de milliers d’emplois ont été détruits pour la première fois depuis plus d’un an. Un signal négatif qui précède la publication des chiffres officiels de l’emploi, prévue ce vendredi.

«La reprise du marché du travail a marqué un coup d’arrêt début 2022 en raison de l’effet du variant Omicron et son impact significatif, bien que probablement temporaire, sur la croissance de l’emploi», déclare Nela Richardson, économiste en chef, ADP. Au cours du premier mois de 2022, ce sont ainsi 301 000 emplois privés qui ont été détruits dans le pays, dont plus de la moitié dans les entreprises des secteurs des loisirs et de l’hôtellerie.

D’une part, les entreprises ont licencié en plus grand nombre le mois dernier, comme l’a montré la hausse des inscriptions au chômage. D’autre part, elles ont beaucoup moins embauché, en raison des nombreuses perturbations liées au variant, et au fait que les demandeurs d’emploi ont mis leurs recherches entre parenthèses.

«La propagation du variant Omicron depuis fin décembre […] a pesé sur l’embauche en réduisant le nombre de travailleurs disponibles, en raison des contaminations et des quarantaines, de la peur de contracter le virus et des perturbations généralisées de la garde d’enfants et de l’école», détaille ainsi dans une note Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics.

■ La Finlande va lever ses restrictions à partir de mi-février

La Finlande va lever plusieurs de ses restrictions sanitaires dont les jauges pour les événements culturels et sportifs, à partir du 14 février. Le gouvernement prévoit une levée quasi-totale des mesures anti-Covid d’ici le 1er mars.

Outre les jauges, les restaurants et les bars, qui doivent actuellement arrêter de vendre de l’alcool à 20 heures, pourront en servir jusqu’à 23 heures à compter de mi-février. Les boîtes de nuit resteront en revanche fermées jusqu’au 1er mars, date à laquelle l’ensemble des restrictions concernant les restaurants et les bars seront aussi levées, précise ce mercredi la Première ministre finlandaise Sanna Marin.

Le port du masque ou encore la distanciation sociale resteront toutefois recommandés au-delà de cette date. Ce jour, le pays nordique de 5,5 millions d’habitants a franchi le cap du demi-million d’infections au Covid-19 et compte plus de 2000 décès liés au virus depuis le début de la pandémie.

Si la Finlande enregistre un taux d’incidence parmi les plus bas de l’Union européenne, le variant Omicron a entraîné une augmentation considérable des infections depuis un mois, faisant craindre aux autorités une saturation du système de santé.

■ Les milieux économiques sont satisfaits, mais regrettent le maintien du certificat

Les milieux économiques sont, dans l’ensemble, satisfaits que le Conseil fédéral ait supprimé l’obligation de télétravail et les quarantaines. Ils regrettent toutefois que le certificat Covid soit maintenu, en tout cas deux semaines de plus.

La situation dans les unités de soins intensifs montre que le temps est venu d’abolir les mesures restrictives pour l’économie, écrivent dans un communiqué commun l’Union suisse des arts et métiers (usam), GastroSuisse, la Fédération suisse des centres de fitness et de santé, EXPO EVENT et SwissDrink. L’obligation de présenter le certificat covid est «préjudiciable» pour de nombreuses branches, estiment-ils.

Un soulagement partagé par economiesuisse, qui se réjouit des assouplissements. Elle attend des assouplissements aussi larges que possible le 17 février. Aussi satisfait, le Centre Patronal se dit «heureux» de la levée prochaine des autres mesures. L’Union patronale suisse décrit les allègements comme «compréhensibles et justes».

De son côté, Employés Suisse trouve qu’«il aurait été plus judicieux de maintenir encore quelques semaines les mesures, comme initialement prévu, soit jusqu’à la fin février», écrit-elle dans un communiqué. La faîtière des associations d’employés estime que la prudence doit primer. Elle privilégie des assouplissements progressifs (la 2e variante) et appelle les employeurs à continuer à favoriser le télétravail. Un avis partagé par Travail. Suisse, la faîtière des travailleurs, qui soutient une levée «prudente et progressive» des mesures.

«Les assouplissements deviennent réalité», se réjouit la Fédération suisse du tourisme (FST). Elle salue qu’il n’y ait plus de mesures à l’entrée en Suisse, si toutes les mesures sont levées le 17 février prochain.

■ Genève relève les plafonds des aides aux cas de rigueur

Le canton de Genève adapte une nouvelle fois son dispositif de soutien aux entreprises considérées comme des cas de rigueur. Il relève les plafonds de ce soutien à fonds perdu versé en raison de la pandémie.

L’aide complémentaire de 21,33 millions de francs provient de la première tranche de la réserve fédérale attribuée à Genève. «Les critères d’attribution sont laissés au canton», rappelle ce mercredi devant les médias le président du Conseil d’Etat, Serge Dal Busco.

L’exécutif a décidé d’augmenter les montants maximums admis par entreprises d’un million à 1,5 million et de 20% à 30% du chiffre d’affaires de référence des exercices 2018-2019. Ce soutien doit compenser la part de coûts fixes qui n’aurait pas été couverte par les indemnités versées jusqu’ici.

Cette aide vise les entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 millions de francs et qui ont été fermées ou qui accusent un recul de chiffre d’affaires de 40% à 70%.

■ Les décisions du Conseil fédéral ravissent les partis, sauf l’UDC

Le PS, les Verts, les Vert’libéraux, le Centre et le PLR saluent l’allègement des restrictions sanitaires. La majorité des partis politiques sont d’accord avec la prudence affichée pour lever les dernières mesures. Seul l’UDC exige l’abandon immédiat de toutes les restrictions, y compris le port du masque et le maintien du certificat covid.

  • «Le Conseil fédéral choisit un cap raisonnable», estime sur Twitter le PS. La procédure par étapes «tient compte de la situation des hôpitaux et de l’évolution de la pandémie.» La coprésidente du PS suisse et conseillère nationale (ZH), Mattea Meyer, souligne que «la pression sur le personnel hospitalier reste très élevée. Les cantons doivent profiter du temps à disposition pour mettre en place des capacités de réserve».
  • Pour les secteurs fortement touchés, les assouplissements annoncés sont «un soulagement» qui permet de faire un pas important vers un retour à la normalité, écrit le PLR. Ils sont un «signe visant à encourager la responsabilité individuelle plutôt que de maintenir des mesures étatiques peu efficaces», avance-t-il. Il serait en revanche erroné de se précipiter en assouplissant en une fois toutes les mesures, pointe le PLR à l’instar du Centre.
  • S’il n’y a «actuellement pas de risque de surcharge du système de santé, le nombre de contaminations reste toutefois élevé et on ne sait pas si le pic de la vague Omicron a déjà été atteint», souligne le Centre. Ce dernier déconseille toute «précipitation».
  • Pour le président des Vert’libéraux, Jürg Grossen, une levée complète de toutes les mesures dès à présent serait prématurée. «Nous devons éviter un effet de yoyo», dit-il.
  • Le président des Verts, Balthasar Glättli, a écrit sur Twitter que «le virus reste dangereux […] Mais il y a des raisons d’être optimiste.»
  • Depuis que le variant Omicron est dominant, «il devrait être clair pour le plus pessimiste que la pandémie est terminée», affirme pour sa part l’UDC. La contamination ne peut plus être stoppée. D’après eux, le virus est devenu une «réalité de plus en plus inoffensive et durable.» C’est pourquoi ils estiment que toutes les mesures doivent être immédiatement suspendues.
  • Les événements survenus pendant la pandémie doivent aussi être analysés. Selon eux, il ne peut être question de «passer l’éponge». Les Jeunes UDC demandent donc la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la légitimité des mesures prises, notamment au regard de la Constitution fédérale et de leur proportionnalité.

■ Jacques Gerber salue les annonces du Conseil fédéral, mais invite à la prudence

Le ministre jurassien de la santé et de l’économie, Jacques Gerber, salue les mesures annoncées par le Conseil fédéral. «Le vent a tourné dans la bonne direction, déclare-t-il. Il y a encore deux mois, jamais nous n’aurions imaginé pouvoir envisager de telles décisions.»

Cependant, «il faut demeurer prudent et ne pas tomber dans l’euphorie, tempère-t-il. Le taux d’incidence demeure très élevé. Dans ce contexte, enlever toutes les mesures d’un coup me semble un risque trop grand à prendre.»

Il souligne que la gestion d’une pandémie ne se fait pas avec «un bouton on/off.» «Face au virus, la Suisse a toujours eu une attitude pragmatique, avec des durcissements progressifs, quand cela était nécessaire, constate-t-il. Je pense qu’il faut conserver la même approche dans le sens inverse, celui des allégements».

■ Pour Mauro Poggia, il faut «se diriger vers la sortie avec sûreté»

Les décisions annoncées par le Conseil fédéral «correspondent à ce qu’il fallait faire», déclare Pour Mauro Poggia. Le conseiller d’Etat genevois en charge de la santé «sent que la population en a assez» et estime qu’il «faut pouvoir se diriger vers la sortie avec sûreté.»

Il ajoute que «la balance entre les nuisances engendrées par les mesures sanitaires et les dommages causés par Omicron nous permet aujourd’hui de lever certaines restrictions. S’il faut attendre fin février pour supprimer d’autres mesures, ce n’est pas dramatique.»

Le conseiller d’Etat rappelle que la situation sanitaire peut évoluer rapidement. «La suite des décisions dépendra également de l’appréciation en Suisse alémanique, qui est moins touchée, poursuit-il. Il se peut qu’une certaine pression pour un relâchement se fasse sentir».

■ Les annonces du Conseil fédéral sont de «bonnes nouvelles» pour GastroValais

Les annonces du Conseil fédéral sont de «de très bonnes nouvelles» pour le président de GastroValais, André Roduit. La première d’entre elles est «la fin immédiate du télétravail qui, clairement, faisait baisser la fréquentation des restaurants à midi», pointe-t-il.

La suivante, qu’il attend «impatiemment», serait «la levée rapide de l’obligation du certificat Covid, qui a mis particulièrement en difficulté les petits établissements. Beaucoup de personnes n’avaient pas forcément envie de sortir leur pass sanitaire juste pour boire un café.» Il ajoute se réjouir «que les restaurateurs n’aient plus à demander la carte d’identité de leurs clients, comme des policiers. Ce n’est pas leur métier.»

Le président espère que ces allégements vont faire diminuer «les tensions» existantes et qu’elles vont «relancer l’envie de consommer».

Les autres mesures envoyées en consultation

Outre les deux variantes exposées par le Conseil fédéral ce jour pour procéder à la levée de restrictions sanitaires, d’autres adaptations sont envoyées en consultation. Parmi elles figure la suppression des mesures sanitaires aux frontières lors de l’entrée en Suisse.

«En d’autres termes, l’obligation de dépistage pour les personnes non vaccinées et non guéries ainsi que la collecte des coordonnées à l’entrée en Suisse pourraient être levées», détaille-t-il sur son site.

De ce fait, le certificat covid destiné aux touristes ou délivré après un test PCR ou antigénique disparaîtrait. «Les certificats reconnus par l’Union européenne continueraient d’être émis, car ils resteraient nécessaires tant que d’autres Etats imposent des restrictions à leurs frontières [ou] pour entrer dans un restaurant ou un musée», poursuit-il.

Le Conseil fédéral envoie également en consultation de nouvelles prescriptions pour la prise en charge du coût des médicaments destinés au traitement ambulatoire du covid-19.

■ Le Centre Patronal est «agréablement surpris»

Le directeur général du Centre Patronal vaudois, Christophe Reymond, déclare être «agréablement surpris» par les récentes annonces du Conseil fédéral. «Les mesures Covid pourraient, dans l’hypothèse une, être abrogée toute en même temps, souligne-t-il. C’est cette variante que nous soutenons au Centre Patronal.»

Le directeur estime que «dès lors que le taux d’occupation des lits en soin intensif est soutenable, ce qui reste le critère numéro un, nous sommes partisans d’une ouverture aussi rapide que complète.» Pour lui, «il est temps de laisser souffler, non seulement l’économie, mais l’ensemble de la population.»

Il ajoute craindre qu’un allègement progressif des mesures engendre «des complications et de la finasserie administrative.» Enfin, il considère que «la volonté du Conseil fédéral de prolonger le régime d’indemnisations des cas de rigueur est tout à fait adéquate».

■ Swiss renonce au chômage partiel dès le mois de mars

Le transporteur aérien Swiss veut renoncer dès mars au recours au chômage partiel pour ses collaborateurs et collaboratrices au sol et en cabine. Concernant les pilotes, la question fait l’objet de négociations avec les syndicats concernés.

La filiale de Lufthansa, qui avait rencontré avec son encouragement aux départs volontaires plus de succès que prévu, rappelle dans son communiqué mercredi avoir depuis relancé un programme d’embauche.

Dès avril, plus de la moitié des navigants de cabine basés à Genève et Zurich touchés par la restructuration lancée l’automne dernier pourront réintégrer la compagnie. Apprentissages et formations doivent aussi accompagner le décollage attendu de l’activité.

Swiss avait reconnu en décembre vouloir envoyer en janvier une offre de réembauche aux 334 ex-employés récemment licenciés dans le cadre du programme de restructuration.

■ La Suisse compte plus de 40 000 nouveaux cas en 24 heures

La Suisse a enregistré mercredi 41 175 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore 23 décès supplémentaires et 218 malades ont été hospitalisés. Il y a sept jours, l’OFSP avait annoncé 43 199 cas, soit 2024 de plus.

Actuellement, 674 personnes se trouvent actuellement aux soins intensifs. Les patients Covid-19 occupent 23,40% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 78,70%. Le variant Omicron représente 96,0% des cas de coronavirus séquencés ou examinés dans les laboratoires sur sept jours, avec un délai de deux semaines environ.

■ Le critère du Conseil fédéral: les capacités des soins intensifs

Le nombre des patients hospitalisés atteints du Covid-19 reste important, mais cela ne signifie pas que les capacités hospitalières sont surchargées, a indiqué Ignazio Cassis mercredi. «Les patients admis pour une maladie pulmonaire, cardiaque, ou intestinale, testés positifs au Covid-19, sont comptabilisés dans les nombres d’hospitalisations de patients avec le Covid-19. Cela signifie qu’une partie des patients sont hospitalisés pour une autre raison que le Covid-19. Ce chiffre va continuer à augmenter, car le variant Omicron infecte environ 10% de la population par semaine», ajoute Ignazio Cassis durant la conférence de presse.

«Ce qui nous intéresse, ce sont les risques de surcharge des unités de soins intensifs», complète Alain Berset. Avec Omicron, les capacités ne sont pour le moment pas surchargées, estime le Conseil fédéral.

■ Ignazio Cassis: «Aujourd’hui est une belle journée»

«Aujourd’hui est une belle journée. C’est le début d’une nouvelle phase dans la crise longue et difficile» due au coronavirus, a indiqué mercredi le président de la Confédération Ignazio Cassis devant les médias. Si la pandémie n’est pas encore finie, «une lumière pointe à l’horizon».

Il y a toujours des malades et des proches qui s’inquiètent, a rappelé le ministre. «Mais l’évolution de la situation nous donne de l’espoir. Nous entrons dans une nouvelle phase. »

Le variant omicron a très rapidement infecté un grand nombre de personnes, a-t-il poursuivi. Les répercussions de la maladie sont toutefois moindres qu’avec les autres mutations.

Actuellement, «plus de 90% de la population est immunisée», soit grâce à la vaccination, soit grâce à une guérison, a ajouté le Tessinois. L’avenir peut être envisagé avec optimisme. Les risques de surcharge des capacités hospitalières ont diminué.

Les nouveaux assouplissements décidés et envisagés permettront aux Suisses de retrouver leurs libertés. Mais cela rime avec des responsabilités, a-t-il insisté. Et de rappeler qu’il faut se faire tester, et s’isoler le cas échéant, en cas de symptômes.

■ Les Vert’libéraux sont satisfaits des mesures décidées

Les Vert’libéraux saluent la levée des quarantaines et de l’obligation du télétravail. Si la situation dans les hôpitaux reste stable, d’autres assouplissements pourront suivre progressivement, ajoute leur président Jürg Grossen mercredi sur Twitter.

Une levée complète de toutes les mesures dès à présent serait prématurée, estime-t-il. «Nous devons éviter un effet de yoyo».

■ «Un cap raisonnable» pour le parti socialiste

Le Conseil fédéral choisit un cap raisonnable face au Covid, a estimé mercredi sur Twitter le PS en réaction aux décisions du Conseil fédéral. Il nourrit ainsi l’espoir d’un retour prochain à une certaine normalité.

«Nous saluons une approche progressive qui tient compte de la situation dans les hôpitaux et de l’évolution de la pandémie», ajoute le parti socialiste.

«La vaccination reste la meilleure protection et doit être encouragée, y compris pendant la phase d’assouplissement», déclare dans un communiqué Roger Nordmann, président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales et conseiller national.

■ «La pandémie n’est pas terminée», souligne Alain Berset

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi la levée de certaines restrictions sanitaires. «Ce n’est pas le signal que la pandémie est aujourd’hui terminée. Nous avons une situation gérable dans les hôpitaux. Nous pouvons envisager une sortie de la phase aiguë de la crise», déclare le conseiller fédéral chargé de la Santé Alain Berset. La phase endémique se concrétise, ajoute-t-il. Il souligne que parmi les patients hospitalisés en raison du Covid-19 aux soins intensifs, il n’y a que peu de patients atteints du variant Omicron.

«Le Conseil fédéral se base sur des faits pour fonder sa décision, depuis le début de la pandémie. La situation peut changer rapidement, c’est la rationalité qui prime», poursuit Alain Berset.

■ Le Conseil fédéral supprime la quarantaine et le télétravail obligatoire «avec effet immédiat»

Comme attendu, le Conseil fédéral supprime la quarantaine-contact et l’obligation du travail à domicile. Ces mesures, prises pour enrayer la progression du variant Omicron, tombent dès demain, jeudi 3 février, après avoir fait l’objet d’une consultation. Un allègement justifié par le contexte sanitaire. «Le Conseil fédéral constate une évolution favorable de la situation dans les hôpitaux. Malgré un taux de contamination record, il n’y a pas eu de surcharge et l’occupation des lits en soins intensifs a continué de baisser», précise le communiqué envoyé avant la conférence de presse d’Alain Berset et d’Ignazio Cassis.

C’est la première fois que la quarantaine-contact est complètement supprimée depuis le début de la crise. En revanche, les autorités maintiennent l’isolement en cas de test positif au SARS-CoV-2.

Prudent, le Conseil fédéral propose deux variantes pour lever d’autres restrictions importantes: en une fois, si le pic des contaminations est bien atteint, ou en plusieurs étapes, si le risque épidémiologique reste élevé. La consultation sur le dispositif à privilégier prendra fin le 9 février. Une décision est attendue le 16 février.

Quelque soit le scénario retenu, des mesures sanitaires majeures pourraient tomber dès le 17 février:

– l’obligation de présenter un certificat dans les restaurants, les manifestations et les établissements de loisir et de culture

– l’obligation de porter le masque dans les transports publics, les commerces et les autres espaces intérieurs accessibles au public

– les restrictions lors de rencontres privées

– l’obligation d’obtenir une autorisation pour les grandes manifestations

■ Etat d’urgence sanitaire déclaré en Nouvelle-Calédonie

L’état d’urgence sanitaire, qui inclut des mesures d’interdiction de déplacement hors du domicile, a été déclaré mercredi en Nouvelle-Calédonie, a annoncé le gouvernement français, faisant valoir que l’épidémie de Covid-19 «y constitue une catastrophe sanitaire».

L’archipel du Pacifique Sud aux 270 000 habitants, longtemps épargné, est frappé depuis janvier, avec le variant Omicron, par une deuxième vague de contaminations au coronavirus.

■ Trois milliards de plus pour financer les mesures en Suisse

Le Conseil fédéral a transmis mercredi au parlement une demande de rallonge de 3,4 milliards au budget 2022 pour financer les mesures contre le coronavirus.

Ce supplément est nécessaire pour couvrir le prolongement de plusieurs mesures de soutien financier dans la loi Covid-19. Une somme de 1,7 milliard concerne les allocations pour perte de gain due au covid, et 900 millions sont destinés à la participation fédérale aux aides pour les cas de rigueur. La Confédération a encore besoin de 800 millions pour financer les indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail.

Lire aussi: Les indemnités RHT ont rempli leur mission

Ces trois crédits supplémentaires portent à 7,2 milliards de francs les dépenses débloquées pour atténuer les conséquences de la pandémie. Au cours des années 2020 et 2021, la Confédération a consenti des dépenses d’environ 30 milliards.

■ La Russie ne prévoit pas de nouvelles restrictions malgré l’explosion des cas

Les autorités russes ont indiqué mercredi ne pas envisager de nouvelles restrictions contre l’épidémie de Covid-19, en dépit d’une envolée spectaculaire du nombre cas dans ce pays faiblement vacciné.

«Le système de santé tient le coup, la mortalité n’est pas plus élevée que lors des périodes que nous avons traversées ces deux dernières années», a déclaré Anna Popova, la cheffe de l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor. «Et, aujourd’hui, nous ne voyons pas de raisons pour des restrictions particulières», a-t-elle poursuivi, dans une interview à l’agence de presse Ria Novosti. Depuis le début de la pandémie, la Russie déplore plus de 680 000 morts, l’un des pires bilans au monde, selon le site spécialisé Govov citant les statistiques officielles.

■ Les îles Tonga entrent en confinement, l’Australie se défend d’avoir importé le covid sur l’archipel

Les îles Tonga vont entrer en confinement mercredi après la détection de deux cas de Covid-19, un nouveau coup dur pour ce royaume du Pacifique qui peine à se remettre de l’éruption volcanique et du tsunami dévastateurs du mois dernier, ont annoncé des responsables.

Cette nation insulaire était pour l’instant l’un des rares pays à avoir été épargnés par le virus, mais le Premier ministre, Siaosi Sovaleni, a déclaré que deux hommes avaient été testés positifs cette semaine à Nuku’alofa, la capitale. Il a précisé que ces hommes avaient travaillé dans le port de la ville, où l’aide humanitaire afflue du monde entier depuis l’éruption du 15 janvier. L’éruption volcanique, l’une des plus importantes enregistrées depuis des décennies, a recouvert les Tonga de cendres toxiques, faisant trois morts.

L’archipel a fermé ses frontières au début de 2020, en raison de la pandémie provoquée par le coronavirus. Depuis, ce pays de 100 000 habitants n’avait enregistré qu’un seul cas de Covid-19, celui d’un homme arrivé de Nouvelle-Zélande en octobre 2021 et qui s’est depuis totalement remis.

Un responsable de la défense australienne a assuré mercredi qu’un navire de guerre livrant de l’aide aux îles Tonga n’était pas à l’origine des premiers cas dans l’archipel. Le Premier ministre, Siaosi Sovaleni, a annoncé que deux hommes travaillant dans le port de Nuku’alofa, la capitale, avaient été testés positifs cette semaine.

■ Le Québec renonce à taxer les non vaccinés

Le Québec a annoncé mardi l’abandon de la «contribution santé», cette taxe pour les non vaccinés présentée plus tôt ce mois-ci, suscitant de vives réactions dans la province canadienne francophone.

Inquiet de voir sa population se diviser, le premier ministre québécois François Legault a décidé de faire marche arrière sur son projet de loi à un moment où, dit-il, «on voit la grogne grandir de jour en jour». Ce projet de taxe présenté le 11 janvier se voulait un «incitatif» pour convaincre les non vaccinés à s’immuniser contre le Covid-19, mais François Legault estime désormais que «cette annonce est venue diviser les Québécois».

■ Pfizer demande l’autorisation de son vaccin pour les moins de 5 ans

Pfizer a lancé le processus visant à demander l’autorisation en urgence de son vaccin contre le Covid-19 pour les enfants âgés de six mois à 4 ans aux Etats-Unis, a annoncé mardi le géant pharmaceutique. En cas d’autorisation par l’Agence américaine des médicaments (FDA), le vaccin deviendrait le premier disponible aux Etats-Unis pour cette tranche d’âge.

Lire aussi: Pourquoi la vaccination des enfants a peu de succès

La demande concerne dans un premier temps une série de deux doses, mais celle-ci devra à terme en comporter trois, a précisé l’alliance Pfizer-BioNTech dans un communiqué.

■ La France lève des restrictions dans un contexte toujours tendu

Comme promis, le gouvernement commence ce mercredi à lever des restrictions pour alléger un peu le quotidien des Français, une décision qui divise alors que la situation sanitaire reste tendue. A partir de ce mercredi, le port du masque n’est plus obligatoire en extérieur, les jauges dans les lieux recevant du public assis sont abandonnées et le télétravail n’est plus imposé, mais seulement recommandé.

Lire aussi: Comment la Suisse se compare-t-elle aux pays ayant levé les restrictions?

Dans deux semaines, le 16 février, ce sont les discothèques, fermées depuis le 10 décembre, qui pourront rouvrir et les concerts debout seront à nouveau autorisés. La consommation au comptoir sera également possible dans les bars. Tout comme la consommation dans les stades, les cinémas et les transports.