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Alexander Gauland et Alice Weidel, têtes de liste de l'AfD, lors de la séance inaugurale de la nouvelle assemblée au Bundestag, le 24 octobre 2017.
© Carsten Koall/Getty Images

Allemagne

Premiers éclats pour l’AfD au Bundestag

Le parti populiste d’extrême droite AfD a fait son entrée au parlement fédéral ce mardi. Sans surprise il a joué la provocation

L’hémicycle du Bundestag est plein à craquer en ce mardi. Avec 709 députés, jamais le parlement fédéral allemand n’a compté autant de membres. Pour la séance inaugurale de la nouvelle assemblée, la solennité est perceptible, tout comme la tension. A droite de l’hémicycle sont en effet installés les 92 députés du parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), fraîchement élus. «L’AfD est au parlement pour les quatre prochaines années, que cela nous fasse plaisir ou non», résume Timon Gremmels, élu du Parti social-démocrate (SPD).

La présence de ces nouveaux députés a sans conteste alourdi l’ambiance. Dans son discours inaugural, le nouveau président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, dénonce «le ton de dédain et d’humiliation observé ces derniers mois dans le pays». «Cela n’a aucune place dans un vivre-ensemble civilisé», lance-t-il. A ces mots, les trois quarts des députés applaudissent et tournent leur regard vers les 92 élus de l’AfD, impassibles. Ces derniers savent que cette pique leur est réservée, eux qui ont multiplié les attaques verbales, notamment contre le gouvernement d’Angela Merkel.

Comparaison avec Hermann Göring

Lors de cette séance, le parti populiste de droite n’a pas failli à sa réputation. Le député Bernd Baumann a ainsi critiqué «les manœuvres» de la précédente assemblée à l’encontre de sa formation. En juin, le Bundestag avait en effet modifié le règlement intérieur qui prévoyait que le député le plus âgé préside la séance inaugurale. Une règle qui aurait permis à l’AfD de le faire ce mardi. Bernd Baumann a rappelé que cette tradition, mise en place en 1848, n’a été modifiée qu’une seule fois, en 1933, par Hermann Göring, membre du parti nazi, «pour exclure ses opposants politiques». Ces mots ont soulevé un tollé dans l’hémicycle. «Que vous vous compariez aux victimes de Göring, alors là, vous vous surpassez dans le manque de goût», a lancé quelques minutes plus tard le député du Parti libéral-démocrate (FDP), Marco Buschmann.

Comme prévu aussi, l’AfD a joué la confrontation au sujet de l’élection des six vice-présidents du Bundestag, postes auxquels ont droit les six fractions parlementaires. Le parti populiste a maintenu la candidature de son très polémique député Albrecht Glaser. Cet élu s’est positionné contre la liberté de religion pour les musulmans et a échoué à se faire élire hier malgré les trois tours de vote. En raison de cette obstination, la séance a duré deux heures de plus que prévu et un nouveau vote devra être organisé.

Vers une cohabitation difficile

Wolfgang Schäuble réussira-t-il à tenir cette nouvelle assemblée? «Cela va être très difficile», commente le politologue Thorsten Faas, de l’Université libre de Berlin. «Il va y avoir beaucoup de provocations. Après les quatre années de grande coalition, les débats au sein du Bundestag vont être plus controversés et vivants.» La cohabitation entre le nouveau président et l’AfD s’annonce en tout cas compliquée. «Il y a quelques semaines, Schäuble a qualifié notre parti de honte pour l’Allemagne», rappelle le député de l’AfD Bernd Baumann. «On ne peut pas être président du parlement quand on discrimine un parti.»

Plus surprenant, la tension de cette première séance a aussi été alimentée par les sociaux-démocrates. Après leur débâcle électorale du 25 septembre, le SPD est bien décidé à se positionner comme le premier parti d’opposition. Le député Carsten Schneider a ainsi accusé Angela Merkel, installée au premier rang, d’être «l’une des raisons de la présence de l’AfD au Bundestag» pour avoir «refusé tout débat politique» ces dernières années.

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