Près de 250 ONG, dont plusieurs établies en Suisse, appellent les gouvernements à boycotter les Jeux Olympiques de Pékin. Dans une déclaration commune, elles demandent aux athlètes et aux entreprises de ne pas légitimer les abus perpétrés par les autorités chinoises.

Les Jeux s’ouvriront dans une semaine «sur fond d’atrocités et d’autres violations graves des droits humains», affirment ces institutions dans cet appel dévoilé vendredi. Parmi elles figurent notamment l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) à Genève ou encore Human Rights Watch (HRW).

Les ONG dénoncent des «exactions massives» contre les Ouïghours, dont plus d’un million sont internés dans des camps, les Tibétains et d’autres minorités ethniques. Elles s’en prennent également aux détentions arbitraires, torture et disparitions forcées contre les militants des droits humains et les avocats. Les libertés fondamentales sont largement violées et des personnalités publiques et des entreprises sont harcelées même en dehors de Chine, ajoutent ces organisations.

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Plusieurs gouvernements comme les Etats-Unis ou le Canada ne participeront pas diplomatiquement aux Jeux de Pékin. Aucun membre du Conseil fédéral ne se rendra finalement en Chine mais celui-ci a mentionné les effets de la pandémie pour expliquer cette décision.

Reproches au CIO

Tous les gouvernements devraient non seulement soutenir les athlètes, mais aussi les « défenseurs des droits humains en Chine », ajoutent les ONG. Ces organisations s’attendent à une surveillance massive des participants aux Jeux et elles ciblent également l’attitude du Comité international olympique (CIO). «Son engagement affiché en faveur des droits de l’homme ne veut pas dire grand-chose», aussi selon elles.

Et de reprocher à son président Thomas Bach d’avoir participé à une campagne chinoise visant à balayer les allégations d’agression sexuelle portées par la triple championne olympique Peng Shuai. Le CIO n’a pas non plus voulu rencontrer une coalition pour mettre un terme au travail forcé des Ouïghours au Xinjiang, insiste la déclaration commune.