Migrations

Près de 300 migrants ont forcé la frontière à Ceuta

La surveillance de cette frontière terrestre est exercée par l’Espagne et le Maroc. Mais ce dernier, en froid avec Bruxelles, a menacé de relâcher le contrôle qu’il exerce sur les migrants

Quelque 300 migrants ont forcé lundi la frontière entre le Maroc et l’Espagne à Ceuta, selon la préfecture de cette enclave espagnole, deuxième passage en masse en trois jours dans un contexte de tension entre Rabat et Bruxelles.

Plusieurs centaines de jeunes migrants d’origine africaine ont forcé la double barrière grillagée de six mètres de haut entourant l’enclave, avant de célébrer en pleine nuit leur arrivée sur le sol espagnol aux cris de «merci Seigneur», «je suis en Europe», selon les images tournées par le média local Faro de Ceuta.

Blessures et vêtements déchirés

La surveillance de cette frontière terrestre de 8 km de long est exercée par l’Espagne et le Maroc mais ce dernier est en froid avec Bruxelles et a menacé à demi-mot de relâcher le contrôle qu’il exerce sur les migrants. Le passage de lundi coïncide avec un sommet bilatéral franco-espagnol qui doit s’ouvrir dans la matinée à Malaga dans le sud de l’Espagne.

En pleine rue, certains des jeunes qui avaient réussi le passage baisaient le sol aux cris de «Viva España». Plusieurs apparaissaient blessés, mains ou pieds en sang et vêtements déchirés.

«L’assaut» collectif de la barrière s’est produit vers 3h30 heures locales (5h00 GMT), a indiqué un porte-parole de la Garde civile. «Trois-cents sont entrés, le double a tenté» de forcer la frontière, a-t-il ajouté.

«C’est confirmé», a simplement indiqué une source à la préfecture de Ceuta. Vendredi, la préfecture avait comptabilisé 498 migrants ayant réussi à forcer la haute barrière, sur quelque 700 l’ayant tenté.

Différend entre le Maroc et l’UE

Ces deux entrées massives sont parmi les plus importantes depuis que la barrière a été rehaussée en 2005, alors qu’un différend oppose le Maroc à l’Union européenne (UE) sur l’interprétation d’un accord de libre-échange sur les produits agricoles et de la pêche.

Dans un arbitrage rendu fin 2016, la Cour de justice européenne a décidé que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat, n’était pas concerné par cet accord, son statut n’ayant pas été arrêté par la communauté internationale.

Depuis lors, des associations soutenant le Front Polisario, qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, ont contesté des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens concernant des produits venus du Sahara.

L’enclave de Ceuta constitue avec celle de Melilla la seule frontière terrestre entre le continent africain et l’UE et un point de passage pour l’immigration clandestine venue d’Afrique noire et du Maghreb. Après le passage en masse de vendredi le Maroc avait cependant annoncé avoir arrêté des migrants avant qu’ils franchissent les clôtures.

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