Cinq mille personnes réunies au Zénith de Toulon pour entendre le discours sur la crise et l’Europe. Certes, sans fanions ni banderoles aux couleurs de l’UMP, mais tout de même…

Etait-ce le président ou le candidat Nicolas Sarkozy qui s’exprimait jeudi soir dans le Var? La gauche dénonce la confusion des rôles et fulmine. L’entourage de François Hollande a même écrit à la Commission des comptes de campagne et parle carrément de «détournement de fonds publics». A l’en croire, le chef de l’Etat userait et (surtout) abuserait de sa fonction pour faire campagne, à cinq mois de la prochaine élection présidentielle. Et tout cela aux frais du contribuable. Sans même parler des émissions de télévision où Nicolas Sarkozy s’invite, comme il y a un mois après le G20 de Cannes avec Barack Obama, sans que son temps de parole soit décompté, s’offusque-t-on à gauche…

Certes, Nicolas Sarkozy n’a pas encore explicitement fait savoir qu’il briguerait un second mandat au printemps prochain. Mais personne n’est dupe, même s’il ne devait pas se déclarer officiellement avant février, voire mars 2012.

Faux procès!

Voilà déjà des mois qu’il multiplie les déplacements de terrain. Certains voyages très ciblés, comme la visite à la centrale nucléaire du Tricastin la semaine dernière, lui offrent l’occasion de s’immiscer directement dans le débat politique du moment et de répliquer à son adversaire socialiste François Hollande.

Faux procès! dément la droite. Le rôle d’un président n’est pas de rester dans sa tour d’ivoire mais d’aller à la rencontre et à l’écoute des Français, fait-elle valoir. Un déplacement présidentiel peut coûter jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros, selon la Cour des comptes. Mais celle-ci ne peut pas siffler la fin de la partie. Elle contrôle bien l’utilisation des deniers publics, mais seulement après qu’ils ont été dépensés…