Jacques Chirac a «mis le paquet»: personne ne s'attendait à ce que le président français donne à ce point satisfaction sur Taïwan à son homologue chinois, Hu Jintao, qui poursuit jusqu'à jeudi sa visite d'Etat. Le président chinois a «apprécié hautement» cette attitude riche en promesses pour les futures ventes d'Airbus et de TGV…

Lundi soir, lors du dîner officiel à l'Elysée, puis mardi matin lors d'une conférence de presse commune, le président de la République a condamné le «référendum» que Taïwan entend organiser fin mars contre les missiles chinois, qu'il a qualifié d'«agressif» et d'«irresponsable». Il n'en fallait pas davantage pour que la tension monte d'un cran à l'Assemblée nationale, devant laquelle le président chinois s'est exprimé hier après-midi. Contrairement aux prévisions, les deux tiers des députés socialistes ont boycotté la séance, comme les trois élus écologistes et quelques députés de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le grand parti de la droite.

Des personnalités comme Laurent Fabius, Jack Lang ou François Hollande étaient absentes. Dans les rangs des centristes de l'UDF, en l'absence du leader François Bayrou, le député Philippe Folliot a écouté tout le discours du président chinois debout, un bandeau blanc sur la bouche. Et c'est avec un enthousiasme très modéré que l'Assemblée a écouté Hu Jintao, dans une allocution marquée de la plus belle langue de bois, faire l'éloge de la «démocratie socialiste» et des relations franco-chinoises, citant Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Descartes, Balzac et Victor Hugo pour mieux demander le renforcement des relations politiques, économiques et culturelles entre les deux pays.

Le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, avait souhaité dans son discours d'accueil que la Chine ratifie au plus vite le pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce sera fait, lui a répondu le président Hu, «une fois toutes les conditions réunies». Une formule qui n'engage pas à grand-chose.