«Y a-t-il eu des fautes, des erreurs? Bien sûr, comme lors des autres élections sur le continent ou ailleurs. Mais cela jette-t-il un doute sur la crédibilité de ces élections? Je ne pense pas», a déclaré le président Kabila lors d’une conférence de presse à Kinshasa, selon la BBC qui y assistait. Il s’agit de la première déclaration du chef de l’Etat sortant, depuis l’annonce vendredi de sa réélection, rejetée par l’opposition et qui a occasionné des violences ayant fait au moins quatre morts à Kinshasa.

Après la mission d’observation du Centre Carter qui a jugé samedi que le processus électoral «manquait de crédibilité» en relevant des «irrégularités graves», c’est l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, qui a jugé lundi les résultats «non conformes à la vérité». Selon la Commission électorale (Céni), Joseph Kabila a obtenu 48,95% des suffrages contre 32,33% à à l’opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté «en bloc» ce résultat et s’est autoproclamé «président élu» de la RDC.

Le camp Tshisekedi a indiqué lundi qu’il pourrait appeler à des «marches pacifiques» pour protester contre la réélection de Kabila, tout en souhaitant que la communauté internationale réponde à l’appel lancé vendredi par l’opposant pour «trouver une solution». Dimanche, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a jugé la situation «explosive» en RDC, en appelant à tout faire pour «éviter» la violence.

L’ONG de l’ancien président américain Jimmy Carter a notamment relevé la perte de 3.000 plis de résultats de bureaux de vote, représentant 850.000 électeurs, et des nombreux scores de 100% des voix obtenus par M. Kabila au Katanga (sud-est).

L’archevêque de Kinshasa a cependant a demandé «aux contestataires d’interjeter appel (devant la Cour suprême de justice, CSJ), de recourir aux voies de droit et de ne pas se livrer à la violence. Dix-huit morts c’est trop!», a demandé le prélat, en citant le bilan des violences dans le pays entre le 26 et le 28 novembre, donnés par l’ONG Human Rights Watch.

A Kinshasa, après les violences de vendredi et samedi, la vie a repris timidement mais la tension reste vive. Les taxis sont plus nombreux, des commerces ont réouvert mais pas encore les écoles. Les forces de l’ordre quadrillent la capitale, où l’armée est aussi présente mais moins visible, et continuent de disperser violemment les regroupements d’opposants et procède à des arrestations.