Le président déchu du Kirghizstan, Askar Akaïev, précisant se trouver en Russie, a déclaré mardi qu'il restait le seul président légitime du pays et qu'il ne voyait «aucune raison» de donner sa démission. Mais il s'est dit aussi prêt à négocier avec le parlement. Il a fait ces déclarations à la radio Ekho Moskvy, en précisant qu'il résidait près de Moscou. Lors d'une interview à la télévision russe Pervy Kanal, il a toutefois déclaré être prêt sous certaines conditions et si la légalité est respectée à présenter sa démission.

«Le nouveau parlement est aujourd'hui le seul organe légitime de notre république. Je suis prêt à ouvrir le dialogue avec ce parlement et son président élu Omourbek Tekebaïev pour mettre le Kirghizistan sur la voie constitutionnelle, si je reçois des garanties sur ma sécurité», déclare-t-il par ailleurs dans un entretien à paraître mercredi dans le journal russe Rossiiskïa Gazeta.

Jugeant par ailleurs que la démocratie était «en danger» au Kirghizistan après une «prise du pouvoir illégale», Askar Akaïev a précisé que ces négociations devaient permettre de faire en sorte que «la question de l'élection d'un nouveau président soit réglée d'une manière légale et constitutionnelle».

Pas de nouveau mandat

Les députés avaient fixé samedi au 26 juin prochain une élection présidentielle. Mais Omourbek Tekebaïev a souligné lundi que la tenue d'un nouveau scrutin ne pouvait être décidée qu'après des négociations avec Askar Akaïev pour obtenir sa démission. Il a souligné hier ne pouvoir mener ces négociations que s'il était mandaté pour cela par le parlement.

Askar Akaïev a par ailleurs dénoncé «l'influence d'un facteur extérieur» dans le soulèvement qui l'a chassé du pouvoir. Il a par ailleurs répété qu'il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle. Le président a quitté le Kirghizistan jeudi dernier, alors que l'opposition prenait d'assaut le siège de la présidence et du gouvernement à Bichkek, et s'installait au pouvoir.

De son côté, le président par intérim, Kourmanbek Bakiev, a promis une lutte sévère contre la corruption, la qualifiant de «tâche principale», parallèlement à la réduction de la pauvreté et à celle du chômage. Des experts ont souligné qu'Askar Akaïev, qui jouissait d'une réputation de démocrate après son arrivée au pouvoir en 1990, n'avait pas su se détacher du système traditionnel de clans qui avait fini par entraîner sa perte, et ont douté que les nouveaux responsables, d'ailleurs très divisés, puissent s'en écarter davantage.