Les procureurs du tribunal spécial pour le Kosovo ont accusé mercredi le président kosovar Hashim Thaci de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans le cadre du conflit contre la Serbie à la fin des années 90. Il fait l’objet de dix chefs d’accusation.

Ces charges portent notamment sur des accusations de «meurtre, disparition forcée de personnes, persécution et torture», a annoncé le tribunal basé à La Haye dans un communiqué. Un juge du tribunal «examine actuellement l’acte d’accusation pour décider s’il convient de confirmer les charges», a-t-il précisé.

Réfugié en Suisse

Hashim Thaci s’était réfugié durant quatre ans en Suisse dans les années 1990, avant de participer à la création de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), le mouvement de guérilla indépendantiste.

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Ces accusations concernent aussi Kadri Veseli, l’ex-patron du renseignement de l’UCK et actuel dirigeant du Parti démocratique du Kosovo (PDK), la formation de Hashim Thaci, ainsi que «d’autres personnes».

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«L’acte d’accusation allègue que Hashim Thaci, Kadri Veseli et les autres suspects accusés sont pénalement responsables de près de 100 meurtres», a indiqué le tribunal.

Rapport de Dick Marty

Créé en 2015, le tribunal spécial pour le Kosovo est chargé d’enquêter sur les crimes présumés commis par l’UCK, principalement contre des Serbes, des Roms et des opposants albanais à la guérilla pendant et après le conflit de 1998-1999. Il avait été créé suite à une enquête internationale consécutive à un rapport du Conseil de l’Europe qui avait mis en cause d’anciens commandants du mouvement indépendantiste.

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Ce rapport, rédigé par l’ancien conseiller aux Etats Dick Marty (PLR/TI), avait évoqué la mort ou la disparition de 500 personnes, dont 400 Serbes, après le retrait des troupes serbes consécutif aux bombardements de l’Otan en juin 1999. Il faisait état notamment d’exécutions sommaires, d’enlèvements et d’un trafic d’organes prélevés sur des victimes.


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