«Je serai garant des intérêts nationaux, de l’Etat des lois et des institutions, je serai fidèle aux martyrs et aux objectifs de la Révolution», a déclaré M. Marzouki en prêtant serment la main sur le Coran.

Vêtu d’un burnous, manteau de laine traditionnel, couleur camel recouvrant une veste bleue et une chemise blanche, Moncef Marzouki, l’air fier et solennel, a promis ensuite d’être le «président de tous les Tunisiens» et de «n’épargner aucun effort» pour améliorer la vie de ses compatriotes.

Il s’est engagé à garantir «le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit des femmes». Moncef Marzouki, très ému, a ensuite rendu hommage aux «martyrs de la Révolution» qui a chassé le président Zine el Abidine Ben Ali.

«Sans leur sacrifice, je ne serais pas là à cet endroit», a dit les larmes aux yeux l’ancien opposant. «Le principal défi est de réaliser les objectifs de la révolution. D’autres nations nous regardent comme un laboratoire de la démocratie», a-t-il ajouté, en appelant à la «réconciliation» en Tunisie. Il a également lancé un appel à l’opposition pour «qu’elle participe à la vie politique du pays et ne se contente pas d’un rôle d’observateur».

Moncef Marzouki a été élu mardi par l’Assemblée constituante issue du scrutin du 23 octobre, mais l’opposition avait voté blanc, estimant que la fonction présidentielle avait été dépouillée de tout pouvoir.

Moncef Marzouki a rendu hommage à son prédécesseur Fouad Mebazaa et au premier ministre Béji Caïd Essebsi qui ont dirigé la Tunisie depuis la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier.

Il a également salué le chef de l’Etat-major de l’armée, le général Rachid Ammar, chaudement applaudi par l’hémicycle.

Moncef Marzouki devait ensuite se rendre au palais présidentiel de Carthage, en banlieue nord de Tunis, pour la cérémonie de passation de pouvoir avec M. Mebazaa, près d’un an jour pour jour après le début de la révolution tunisienne, le 17 décembre.