Le ministère public péruvien a annoncé, mardi, son intention d'ouvrir une enquête contre le président Pedro Castillo à l'issue de son mandat pour des soupçons notamment de trafic d'influence et collusion.

«La procureure de la Nation, Zoraida Avalos Rivera, a ouvert une enquête préliminaire contre le président de la République, José Pedro Castillo Terrones, pour avoir commis des délits présumés» de trafic d'influence aggravé, et de collusion «contre l'administration publique», a indiqué le ministère public dans un communiqué.

Mais la procédure sera suspendue jusqu'à la fin du mandat de cinq ans du président, soit 2026, du fait de l'«immunité absolue» que lui confère sa fonction au Pérou.

Interventions et trafic d'influence

Les soupçons sont liés à trois cas en particulier. Dans le premier cas, Pedro Castillo est accusé d'être «intervenu de manière inappropriée et indirecte» dans un appel d'offres public pour la construction d'un pont routier sur le fleuve Huallaga, situé dans la région de San Martin, dans le nord du Pérou.

Dans le second, le ministère public lui reproche d'être intervenu dans un processus d'acquisition de biodiesel sur le marché local pour la période janvier-avril 2022, «afin que la société Heaven Petroleum Operator, dirigée par l'homme d'affaires Samir Abudayeh, remporte un contrat d'un montant de 74 millions de dollars (65,5 millions d'euros)».

Dans le troisième cas, pour lequel il est soupçonné de «trafic d'influence et parrainage illégal», le président aurait exercé une pression pour promouvoir des officiers militaires sympathisants de son gouvernement de gauche.

Pedro Castillo, au pouvoir depuis le 28 juillet, a battu de justesse la candidate de droite Keiko Fujimori lors de l'élection présidentielle. Son mandat doit s'achever en 2026.

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