Afrique

Le président de la RDC est maintenu au pouvoir jusqu’en 2017

Le parti au pouvoir et l’opposition en République démocratique du Congo se sont entendus sur le maintien du président Joseph Kabila jusqu’à la fin de l’année prochaine. Depuis mardi, au moins 40 opposants ont été tués, selon l'ONU

Le parti au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) et le principal bloc d’opposition se sont entendus sur le principe du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila jusqu’à la fin de l’année prochaine, ont annoncé vendredi deux responsables de l’opposition.

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En contrepartie, le chef de l’Etat s’engage à ne pas chercher à modifier la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat en 2017, ont précisé à Reuters Martin Fayulu et José Endundoen, en citant le texte du projet d’accord. Une personnalité issue des rangs de l’opposition va de plus être désignée premier ministre, ont-ils ajouté. La mise en œuvre de cet accord politique inattendu est supervisée par l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Pour le moment, les termes définitifs de l'accord n'ont pas été signé. Les tractations finales butaient encore sur deux points vendredi matin: la question de la composition de la commission chargée d'organiser les élections et celle du partage des rôles pour le gouvernement du pays pendant la période de transition politique. «La signature pourrait intervenir entre Noël et le Nouvel An», a estimé une source à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Au moins 40 personnes tuées

Depuis mardi, dernier jour du deuxième mandat de Joseph Kabila, la capitale congolaise Kinshasa et la ville de Lubumbashi sont le théâtre d’affrontements meurtriers. Au moins 40 personnes ont été tuées et 460 autres arrêtées. L’opposition réclamait le départ du président, qui avait été reporté à avril 2018. Agé de 45 ans, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001.

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Par ailleurs, 107 personnes ont été blessées ou ont subi des mauvais traitements, et au moins 460 arrestations ont eu lieu, a ajouté une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Liz Throssell. Etienne Tshisekedi a dénoncé mardi une «haute trahison» de la part du chef de l’Etat et appelé la population congolaise à la «résistance pacifique».

Un «usage excessif des forces de l’ordre»

La France a appelé l’Union européenne à «réexaminer» ses relations avec la RDC, tandis que l’ONU a dénoncé un usage excessif de la force de la part des forces de l’ordre congolaises. Depuis le 16 décembre, l’ONU «a recensé 113 arrestations dans le pays, dont des dirigeants et des sympathisants de l’opposition, des activistes de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme, des professionnels des médias».

«Ces chiffres élevés révèlent que les diverses forces de police, de défense et de sécurité ne tiennent pas suffisamment compte de la nécessité d'exercer une certaine retenue lors des manifestations", estime le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

État-continent de 70 millions d'habitants, la RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960, et sa partie orientale reste déchirée par de multiples conflits armés depuis plus de vingt ans. Depuis 2011, date de la réélection de Joseph Kabila à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes, plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans des violences urbaines à travers tout le pays. Les dernières en date ont fait une cinquantaine de morts en septembre.

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