L’ancien concessionnaire de motos Yamaha aime aller vite. Le 28 février, Nayib Bukele, à la tête du Salvador (6,7 millions d’habitants) depuis 2019, avait remporté une victoire écrasante aux élections législatives: son parti Nouvelles Idées avait raflé 61 des 84 sièges du parlement monocaméral. Les premières décisions de l’Assemblée, investie samedi, ont été la révocation des cinq juges du Tribunal constitutionnel (dépendant de la Cour suprême) et du procureur général du Salvador, tous réputés hostiles au président. Pendant que l’opposition crie au putsch, les magistrats évincés contestent la légalité du procédé et refusent de céder leur poste aux juges désignés par la nouvelle majorité.

Nayib Bukele, qui fêtera ses 40 ans en juillet, poursuit son travail de mainmise sur les organes du pouvoir. Son coup de force a suscité l’inquiétude à l’étranger, mais peu de réactions de la population: celui qu’on surnomme «le président millennial» jouit d’une grande popularité (plus de 80% d’opinions favorables) avec son bilan positif dans la lutte contre l’insécurité et le crime organisé, la principale préoccupation des Salvadoriens.