«Est-ce que cela va améliorer notre environnement, notre vie quotidienne? N'est-ce pas plutôt l'occasion pour certains d'avoir du bon temps et du bon vin?» questionnent ces deux fonctionnaires québécois alors que la capitale de la Belle Province accueille le 12e Sommet de la Francophonie de vendredi à dimanche. A quelques pas de là, près de l'Assemblée nationale, deux autres jeunes employées décorent le parc de la Francophonie. «Le sommet? Je crois que cela sert à promouvoir le français, à retrouver nos racines. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas la fièvre, comme ce fut le cas lors des fêtes du 400e anniversaire de (la ville de) Québec.»

Jeudi, à la veille de l'ouverture officielle du sommet, Québec était envahi par tous les corps policiers canadiens: gendarmerie royale, Sûreté du Québec, policiers municipaux. Près du prestigieux château Frontenac, un groupe d'étudiants africains rieurs brandissaient de larges banderoles: «Les Gabonais et les Gabonaises du Québec souhaitent la bienvenue à Omar Bongo.» La cinquantaine de chefs d'Etat débattra de démocratie, d'environnement, de gouvernance économique et bien sûr de la langue française.

Sommet Canada-UE

Au-delà de ce programme officiel, leurs hôtes canadiens attendent beaucoup du sommet Canada-Union européenne, qui se tiendra ce vendredi après-midi à Québec. Le Canada et l'UE entameront des pourparlers visant à créer un accord de libre-échange entre les deux continents. Le discours de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale du Québec aujourd'hui est aussi très attendu. En avril, le chef de l'Elysée avait laissé entendre qu'il pourrait modifier la position de la France sur la question de l'indépendance du Québec, faisant fulminer plusieurs ténors souverainistes.

Cette fois encore, Nicolas Sarkozy agace les Québécois, car il écourte son voyage. Il ne passera que vingt-quatre heures à Québec, avant de s'envoler samedi pour Camp David afin d'y rencontrer George Bush. Le quotidien montréalais Le Devoir a d'ailleurs ironisé: «Sarkozy préfère Bush à la francophonie.»

L'absence du président français aux cérémonies de clôture du sommet de la Francophonie est une première. «J'ai de la misère avec Sarkozy. Le gars est énergique, mais tout cela manque de cohérence», a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume, à la chaîne Télé-Québec. Si, pour blaguer, le maire de la capitale québécoise a regretté l'absence de Carla Bruni, ses propos assez durs à l'égard de Nicolas Sarkozy illustrent bien l'agacement des habitants de la Belle Province envers le président français.