Le candidat social-démocrate, qui avait revendiqué la victoire dès la fermeture des bureaux de vote dimanche soir, n’a pas reconnu sa défaite jusqu’ici. Mais l’homme qui devait être nommé au poste de Premier ministre en acs de victoire de Micea Geoana, aurait accepté le résultat en déclarant que sa «route s’arrête ici».

La victoire de M. Basescu constitue un retour-surprise du fait qu’il accusait huit points de retard sur M. Geoana dans les sondages diffusés avant le second tour. Le social-démocrate avait passé une alliance avec les libéraux, dont le candidat Crin Antonescu était arrivé troisième au premier tour.

L’élection s’est déroulée de manière «généralement conforme aux standards de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe», a déclaré l’OSCE .

Mesure attendue

Vingt ans après la chute et l’exécution du dictateur staliniste Nicolae Ceaucescu, cette élection était considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire de la Roumanie, qui est membre de l’Union européenne depuis 2007.

Elu pour cinq ans, le vainqueur devra nommer un Premier ministre chargé de former un gouvernement stable en vue de relancer les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un prêt de 20 milliards d’euros.

Le FMI a gelé en novembre le versement d’une première tranche d’aide de 1,5 milliard d’euros après le renversement du gouvernement minoritaire de centre-droit dirigé par Emil Boc. Le FMI a dit qu’il ne reprendrait les discussions qu’après l’installation d’un nouveau gouvernement.

Les observateurs estiment que M. Basescu, qui a fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, pourrait avoir du mal à constituer un gouvernement avec d’autres grands partis, ces partis l’ayant précisément attaqué sur ce terrain durant son premier mandat.

Soupçons lancés par Iliescu

Dimanche soir, la plupart des sondages de sortie des urnes donnaient un léger avantage à Mircea Geoana, ce qui avait amené l’ancien président social-démocrate Ion Iliescu à juger «suspects» les chiffres officiels.

Traian Basescu semble avoir engrangé la plupart des suffrages (environ 150 000) exprimés par les électeurs roumains vivant à l’étranger. Ces électeurs lui avaient déjà largement apporté leur soutien au premier tour le 22 novembre.

Dès l’annonce des résultats définitifs, le Parti social-démocrate a annoncé disposer des preuves de fraudes et qu’elle contestera les résultats.

La Roumanie, dont le PIB devrait fondre de 8% cette année, n’est devancée que par la Bulgarie sur la liste des Etats les plus pauvres de l’Union européenne.