Le président turkmène sur son cheval doré

L’histoire

Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov aime les chevaux. Encore plus les très rares pur-sang Akhal-Teke, une race locale, fierté du pays et de son leader. Cette passion l’a conduit à commander une statue le montrant chevauchant un cheval doré, son destrier préféré Akkan.

Erigé au centre de la capitale, Achkhabad, le monument de bronze recouvert de feuilles d’or surmonte à vingt mètres du sol une falaise factice de marbre blanc. Lorsqu’en 2006 Gourbangouly Berdymoukhamedov a succédé au dictateur Saparmourad Niazov, une période d’ouverture a suivi qui a fait naître l’espoir que le nouvel homme fort du pays mettrait fin au culte de la personnalité outrancier de son prédécesseur. Mais le dentiste promu ministre, puis élu président avec 89% des voix et même réélu en 2012 avec 97% des suffrages, a vite cédé à l’autoritarisme et rétabli les louanges obligatoires en son honneur et les portraits géants. Manquait une statue à sa démesure.

Elle a été inaugurée lundi mais sans la présence du principal intéressé, l’ancien dentiste qui se fait désormais appeler «Arkadag», littéralement le saint patron des Turkmènes. Lors de la cérémonie, des spectateurs convoqués, au rang desquels de nombreux membres de l’administration publique, ont chanté la gloire à «Arkadag», au moment même où de blanches colombes et des ballons étaient lâchés dans les airs. La présidente du parlement, Akdja Nourberdieva, a affirmé que le monument répondait à la demande du peuple, qui tenait à montrer sa reconnaissance. L’édifice rappelle le Cavalier de bronze, figurant Pierre le Grand, à Saint-Pétersbourg, et éclipse la statue en or de Saparmourad Niazov, reléguée dans la banlieue de la ville.