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L'ex-président français Nicolas Sarkozy. 
© LIONEL BONAVENTURE

France

La présidentielle de 2012 rattrape Nicolas Sarkozy

L'ancien président a été mis en examen mardi soir pour financement illégal de sa campagne de 2012

Nicolas Sarkozy n’a pas convaincu les trois juges d’instruction qui l’ont auditionné mardi pendant près de onze heures sur le financement de sa campagne présidentielle perdue de 2012.

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La convocation de l’ancien président français par les magistrats Roger Le Loire, Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke, avait été gardée secrète. Et son issue a été annoncée, vers 21 heures, par un communiqué lapidaire. L’actuel patron des Républicains – qui a conclu dimanche le conseil national de son parti par un long discours sur l’avenir de la droite et reste en lice pour la primaire présidentielle de novembre – a été mis en examen du chef de «financement illégal de campagne électorale pour avoir dépassé le plafond légal de dépenses», et placé sous statut de témoin assisté des chefs «d’usage de faux, escroquerie et abus de confiance».

Il ne pouvait ignorer

En clair: les juges estiment que Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer que des opérations frauduleuses de dissimulations avaient lieu alors qu’il sillonnait la France, multipliant des meetings très onéreux de dernière minute.

Derrière cette mise en examen se profile un fantôme: celui de la fameuse affaire Bygmalion, du nom de la société officiellement contractée par l’UMP pour un montant total de prestations de 18 millions d’euros, dont une dizaine sont soupçonnés d’avoir fait l’objet de fausses factures. L’objectif était alors de tromper le Conseil constitutionnel, garant du financement public et du respect du plafond de 22 millions d’euros. Ce Conseil avait invalidé les comptes de la campagne Sarkozy en juillet 2013, l’obligeant à recourir à une grande collecte auprès des militants pour éponger onze millions de dettes. Ce scandale avait connu un paroxysme public lors des aveux télévisés en mai 2014 de Jérome Lavrilleux, l’ex directeur de campagne adjoint du candidat Sarkozy. «Il eut mieux valu jouer la franchise et présenter des comptes sincères, mais non conformes» avait-il déclaré en larmes.

Les écoutes, autre affaire, plus lourde

L’ancien chef de l’Etat, qui reste présumé innocent et se targue d’avoir bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire Bettencourt (il était soupçonné d’avoir reçu de l’argent de la milliardaire), a déjà été mis en examen dans un autre dossier dit des «écoutes téléphoniques», dans lequel il est soupçonné d’avoir interféré avec la justice.

Lire aussi: Le livre-confession de Nicolas Sarkozy

Cette procédure-là est d’une toute autre envergure, car elle entache son crédit à l’heure où sept personnalités des Républicains sont déjà en lice pour les futures primaires, et mine son calendrier. La liste définitive des candidats aux primaires de la droite sera connue le 15 septembre. Mais pour Nicolas Sarkozy, retarder encore longtemps son entrée en lice paraît impossible. Boudé par les sondages malgré le succès de son livre récent et ses bonnes audiences télévisées, Nicolas Sarkozy redevient, avec ce boulet judiciaire, prisonnier d’un passé dont il tente de s’affranchir depuis son retour en politique, à l’automne 2014.

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