Les citoyens américains élisent leur président au suffrage indirect. Par l’intermédiaire des voix qu’ils donnent aux candidats, les votants élisent en fait des grands électeurs qui choisissent eux-mêmes le président et le vice-président en conformité avec la volonté populaire. Nommés par les partis politiques, les grands électeurs ne peuvent être membres ni du Sénat, ni de la Chambre des représentants, les deux Chambres qui forment le Congrès.

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Le nombre de grands électeurs est proportionnel à la population de chacun des 50 Etats. Le plus peuplé, la Californie, comprend 55 grands électeurs et les plus petits, comme l’Alaska ou le Vermont, trois. La ville de Washington et le district de Columbia, bien que dépourvus de représentants au Congrès, comptent également trois grands électeurs. Le nombre total des grands électeurs est de 538. La majorité absolue pour être élu président est donc de 270. Dans le cas improbable d’une égalité entre les deux candidats ou dans celui plus rare encore où aucun candidat n’atteint la barre des 270 grands électeurs, la Chambre des représentants élit le président et le Sénat élit le vice-président.

Ce système assure aux Etats les moins peuplés de ne pas être totalement négligés par les candidats à la présidence.

Majorité ne signifie pas élection

Le système est majoritaire dans tous les Etats sauf dans le Maine et le Nebraska qui appliquent la proportionnelle. Le candidat qui remporte la majorité prend les voix de tous les grands électeurs de l’Etat. Il peut donc exister un écart entre le vote de la population et celui des grands électeurs. Lors de l’élection de 2000, Al Gore avait obtenu la majorité des voix, mais c’est George W. Bush qui avait été élu.

Sanctionnée dans 29 des 50 Etats par des peines rarement appliquées, la pratique consistant pour un grand électeur à se prononcer pour un candidat différent de celui choisi par la majorité des votants – ou à s’abstenir – n’est toutefois pas interdite sur le plan fédéral. Le phénomène des «faithless electors» est rare: 156 grands électeurs ont ainsi désobéi au vote populaire entre 1788 et 2000. En 2004, un grand électeur du Minnesota censé voter pour John Kerry conformément à la volonté populaire avait voté par erreur pour John Edwards, le candidat démocrate à la vice-présidence.

Le vote anticipé

Cette année, il est possible de voter de manière anticipée dans 37 Etats, soit dans des bureaux de vote, soit par la poste. Le but du «early vote» est d’augmenter la participation. En 2012, 30% des électeurs avaient voté de manière anticipée. Samedi 5 novembre, près de 40 millions d’Américains avaient voté, soit près d’un tiers du nombre de votants qui se sont déplacés aux précédentes élections au niveau national. Il est difficile de savoir si le vote anticipé est plus favorable à un candidat qu’à un autre.

Le rôle des Swing states

Certains Etats sont traditionnellement démocrates comme la Californie et d’autres résolument républicains comme le Texas. Les Swing states sont ceux qui votent tantôt démocrate, tantôt républicain. Plus ils comptent de grands électeurs, plus leur rôle est décisif. C’est le cas de la Floride (29 grands électeurs), de l’Ohio (18) ou de la Caroline du Nord (15). Hillary Clinton et Donald Trump y consacrent une bonne partie de leurs efforts.

Congrès et autres objets

Le jour de l’élection présidentielle, les électeurs doivent aussi choisir 435 membres de la Chambre des représentants (Chambre basse du Congrès), et renouveler un tiers du Sénat (Chambre haute). Enfin, le 8 novembre sera aussi l’occasion pour les citoyens américains d’élire des représentants locaux et de se prononcer sur 157 objets (référendums, amendements, etc.).