Moldavie

Présidentielle en Moldavie: un deuxième tour se dessine

Les Moldaves ont vécu leur première élection présidentielle au suffrage universel depuis 1997, ce dimanche. Donné favori, le leader du parti des socialistes, Igor Dodon va devoir affronter son adversaire Maia Sandu, candidate pro-UE, lors d'un deuxième tour

Un deuxième tour semblait inévitable dimanche à l'issue du premier tour de la présidentielle en Moldavie après dépouillement de 99,5% des bulletins. Malgré une nette avance, le candidat pro-russe Igor Dodon échouerait d'un cheveu contre la candidate pro-UE Maia Sandu.

Igor Dodon a recueilli 48,5% des voix contre 38,2% à son adversaire, selon des résultats quasi-définitifs publiés dans la nuit de dimanche à lundi. Les résultats définitifs ne seront pas connus avant lundi matin avec le dépouillement des bulletins des Moldaves de l'étranger. Si un deuxième tour se confirme, il aura lieu le 13 novembre.

La première élection présidentielle au suffrage universel depuis 9 ans

Igor Dodon a semblé un temps en mesure de l'emporter dès le premier tour mais sa principale concurrente, la pro-européenne Maia Sandu a vu son score augmenter à mesure qu'étaient dépouillés les bulletins de la capitale Chisinau, où l'électorat lui était plus favorable. Un seul des sept autres candidats en lice dépasserait la barre des 5%.

Pour cette première élection présidentielle au suffrage universel depuis 1997, mettant aux prises les partisans d'un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d'une intégration à l'UE, les Moldaves se sont peu mobilisés. Seuls 49% des électeurs se sont rendus aux urnes, d'après les chiffres de la Commission électorale.

«Je voudrais remercier les électeurs pour leur participation active à cette élection. La principale conclusion, c'est que les électeurs ne croient plus en ce pouvoir. Notre victoire est inévitable», a réagi dans la journée Igor Dodon, 41 ans, lors d'un point de presse.

Aussitôt après la fermeture des bureaux de vote, Maia Sandu avait dit croire en la tenue d'un deuxième tour. «Je veux remercier mes partisans et tous ceux qui sont venus voter. Les petits moyens ont donné une grande campagne et nous avons fait quelque chose de grand. Rendez-vous au second tour», a-t-elle déclaré.

Un pro-russe contre une partisane de l'UE

Ancien ministre de l'économie dans un gouvernement dirigé par des communistes, Igor Dodon a promis de «rétablir un partenariat stratégique avec la Russie» et d'oeuvrer pour «annuler le volet économique de l'accord d'association avec l'UE», signé en 2014 par les autorités pro-européennes.

«Je ne suis pas contre l'UE», a-t-il nuancé dans une interview à l'AFP, estimant même que c'était «dans l'intérêt de la Moldavie» de mettre en oeuvre les réformes exigées par Bruxelles, notamment en ce qui concerne la justice. «On ne peut pas faire sans la Russie, c'est notre marché à l'exportation», expliquait d'autre part dimanche un électeur pro-Dodon.

Lire aussi: La Moldavie s'éloigne de l'Europe

Maia Sandu, candidate de l'opposition de centre droit, promet pour sa part une «Moldavie européenne». «Nous prônons la voie de l'intégration car au sein de l'UE, nous voyons une vraie démocratie et la prospérité pour tous ceux qui y travaillent», a déclaré cette ex-ministre de l'éducation, qui a travaillé pour la Banque mondiale .

En glissant son bulletin dans l'urne, Maia Sandu, qui a créé cette année son parti politique Action et Solidarité, a appelé à «apporter de l'ordre à la Moldavie». «Nous ne devons pas avoir peur. Nous devons prouver aux voleurs et aux corrompus que nous sommes plus nombreux».

En 2015, la découverte de la disparition d'un milliard de dollars des caisses de trois banques du pays, soit l'équivalent de 15% du produit intérieur brut (PIB), avait provoqué d'énormes manifestations réunissant aussi bien pro-européens que prorusses, issus de forces de droite comme de gauche. Depuis, trois gouvernements se sont succédés sans calmer la colère des Moldaves, qui jugent leur classe politique largement corrompue.

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