Xavier Bertrand a mis fin au suspense en annonçant lundi soir qu’il participerait au congrès des Républicains qui se tiendra le 4 décembre prochain, afin de «rassembler» sa famille politique. «Je participerai au congrès» du 4 décembre, a-t-il affirmé sur TF1, car «c’est la seule façon d’avoir le plus vite possible un candidat de la droite et du centre».

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Cette annonce met fin à des semaines d’incertitudes car le président des Hauts-de-France, lancé dans la course dès le printemps, répétait jusqu’ici son opposition à la primaire, convaincu que l’élection présidentielle est la rencontre entre un homme et les Français. «La solution de facilité était de faire cavalier seul» mais «je n’ai pas voulu faire ce choix car, dans mon ADN, il y a le rassemblement et il y a l’union», a expliqué Xavier Bertrand, qui a quitté LR en 2017, dans le JT de TF1.

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«Rassembler pour gagner»

«Je veux rassembler l’ensemble des Français, alors il faut que je commence par ma famille politique», a-t-il ajouté, martelant que «divisés on est sûrs de perdre, rassemblés on peut gagner et je veux gagner». Sa décision, annoncée deux jours avant la date limite du dépôt des candidatures, a suscité un immense soulagement chez LR, qui redoutait le spectre d’une double candidature mortifère pour la droite.

«Je me félicite de la décision de Xavier Bertrand» car «lorsque la droite est unie et rassemblée, elle gagne», a assuré le président du parti Christian Jacob. «C’est le «choix du rassemblement, du panache et de la gagne», a renchéri le patron des députés LR Damien Abad.

Parmi les autres candidats au congrès, le député LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti a salué «avec force» un «moment historique», et le maire LR de La Garenne-Colombes Philippe Juvin une «sage décision», qui «renforce considérablement le camp de la droite et du centre».

Cinq candidats en lice

Les choses sérieuses vont à présent commencer pour les cinq candidats en lice, qui comptent comme poids lourds la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) et l’ancien négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier (LR). Tous deux font activement campagne, et ont plusieurs fois ces derniers jours appelé Xavier Bertrand à jouer le jeu collectif au nom de la «loyauté».

Leur détermination rendait la situation complexe pour Xavier Bertrand, malgré sa légère avance dans les sondages, jamais assez forte cependant pour lui permettre d’écraser le match. Pour la première fois lundi, un sondage Ifop pour SudRadio l’a mis en position d’accéder au deuxième tour de la présidentielle, puisqu’il ferait autant que Marine Le Pen (16%), quoique loin derrière Emmanuel Macron (25%).

«Rien n’est gagné»

Mais rien n’est gagné pour le président des Hauts-de-France, car une partie des adhérents de LR pourraient lui garder rancune d’avoir quitté le parti. A l’inverse, Michel Barnier répète régulièrement qu’il n’a jamais rendu sa carte. «Je suis parti sur un désaccord de fond […] avec certains dirigeants du parti» mais «mon combat depuis des années, c’est contre l’extrême droite, ces marchands de malheur», a expliqué Xavier Bertrand en promettant de travailler «en équipe» pour «rassembler» et l’emporter en 2022.

Zemmour, «le symbole de l’échec d’Emmanuel Macron»

Ayant franchi une première étape, la droite va devoir jouer serré, alors qu’une partie de son électorat pourrait être tentée par Eric Zemmour s’il se présente, et une autre regarder avec intérêt le nouveau parti fondé par l’ancien Premier ministre (ex-LR) Edouard Philippe.

Voyant en Eric Zemmour «le symbole de l’échec d’Emmanuel Macron», Xavier Bertrand a estimé que «ce sont les solutions de la droite et du centre qui permettront de remettre notre pays sur pied». Il a pour cela énuméré les trois grands axes de son projet: «l’autorité de l’Etat, le travail qui paie, la France des territoires»

Un processus long va à présent s’ouvrir pour les candidats, jalonné par la collecte de 250 parrainages et l’audition de chacun d’entre eux, avant le congrès du 4 décembre.