Les journaux russes ont avant tout souligné que les organisateurs ont réussi à rassembler sous une bannière encore plus de monde que le 10 décembre, lors du premier grand rassemblement pour dénoncer les fraudes aux législatives du 4 décembre. Et ce, malgré la multitude de mouvements et de personnalités d’opposition.

«Il y avait deux fois plus de monde. Et si, il y a deux semaines, le slogan principal visait à dénoncer les falsifications aux élections du 4 décembre, cette fois-ci, à chaque minute qui passait, le rassemblement devenait de plus en plus anti-Poutine», écrit «Novyé Izvestia».

Les titres de la presse soulignent aussi que le nombre de manifestants avancé par la police – 29 000 – n’était pas crédible, tout en estimant que les 120 000 revendiqués par l’opposition étaient exagérés.

Les journaux avancent des chiffres allant de quelque 73 000 manifestants pour le quotidien populaire «Moskovski Komsomolets» à 102 000, selon le périodique d’opposition, «Novaïa Gazeta».

Au-delà des querelles de chiffres, «Moskovski Komsomolets» demande à l’opposition, après ce succès, et à la veille de la longue période fériée en Russie (du 1er au 10 janvier) «et maintenant quoi?». Se félicitant du «réveil de la société civile», le quotidien souligne que désormais les leaders du mouvement doivent trouver un terrain d’entente et développer un programme politique pour concurrencer le régime.

«Mais les organisateurs ne pensent pas à cela malheureusement, au contraire, ils insistent sur le caractère apolitique et civique des manifestations», écrit le journal.

«Moskovski Komsomolets» conseille aux détracteurs du régime de Vladimir Poutine, qui veut revenir à la présidence à l’occasion de la présidentielle de mars 2012, de se mettre d’accord pour soutenir un candidat à ce scrutin afin de forcer l’homme fort du pays à un deuxième tour.

«Il est évident qu’il gagnera au deuxième tour. Mais ce ne sera pas une victoire inconditionnelle. Cela forcera les dirigeants à réaliser que la société civile existe», relève le journal.