L'essentiel

La Suisse compte ce lundi 5583 cas supplémentaires de coronavirus en 72 heures. C'est plus élevé que les week-ends précédents, en remontant jusqu'à janvier.

Le canton de Genève a abaissé ce lundi la limite d'âge des vaccinations, à 45 ans.

Retrouvez notre suivi de la journée de dimanche.


■ L'OMS met en garde: nous sommes à un moment «critique»

La pandémie a atteint un point «critique», a averti ce lundi en fin de journée l’Organisation mondiale de la santé.

«Nous sommes actuellement à un point critique de la pandémie. La trajectoire de cette pandémie est en pleine expansion. Elle croît de manière exponentielle. Ce n'est pas la situation dans laquelle nous voulons nous trouver 16 mois après le début de la pandémie, alors que nous disposons de mesures de contrôle efficaces», a déclaré Maria Van Kerkhove, la responsable technique à l'OMS, que relaie l'AFP.

La semaine dernière, le nombre de cas a progressé de 9% dans le monde, tandis que les décès ont augmenté de 5%. «C'est la septième semaine consécutive d'augmentation des cas, et la quatrième semaine consécutive d'augmentation des décès», a souligné le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Il a rappelé une fois de plus que les vaccins étaient des outils "vitaux et puissants", mais a appelé les Etats et la population à suivre encore et toujours les mesures qui fonctionnent: distanciation physique, masques, hygiène des mains, ventilation, dépistage, recherche des contacts, isolement et quarantaine.


■ En images: grogne à Rome

La tension est un peu montée ce lundi après-midi à Rome, où a eu lieu une manifestation des anti-mesures covid.


■ Une commission du National demande des «perspectives»

La commission de l'économie et des redevances du Conseil national s'est exprimée ce lundi lors d'un bref point de presse, de six minutes, au Palais fédéral.

Christian Lüscher (PLR/GE) souligne la satisfaction de la commission concernant les versements des aides aux cas de rigueur, qui «atteignent un niveau significatif».

Elle juge «urgent» que le Conseil fédéral «donne des perspectives» aux milieux concernés, restauration, culture, événementiel... A l'unanimité de 18 voix, la commission demande au Conseil fédéral de formuler les pistes pour le desserrement lors de sa séance de mercredi. Elle exige un «plan de réouverture».

Elle invite aussi le gouvernement à reprendre le planning en six étapes produit par les milieux du spectacle, par paliers, d’avril à septembre.

La commission refuse en revanche d’exiger une date précise pour l’ouverture des restaurant ou salles de spectacles.


■ L'Union des villes suisses entre dans la danse des pressions

A son tour, le lobby des villes demande un desserrement. Après l'USAM ce matin (lire plus bas), l'Union des villes suisses prend position, sous la forme d'une lettre au Conseil fédéral.

Rappelons que le collège doit se prononcer mercredi sur d'éventuels assouplissements, dans un contexte de pressions croissantes.

L'Union des villes estime que «les terrasses de restaurants doivent pouvoir ouvrir selon des règles strictes». Elle juge qu'avec «la mise en place de concepts de protection efficaces et rigoureux dont les restaurants sont déjà dotés depuis les premières phases de la pandémie, la lutte contre la pandémie ne serait pas compromise».

Les notables urbains veulent faire preuve de realpolitik: ils notent que «la population se réunit de toute façon de plus en plus souvent à l’extérieur à mesure que le temps se réchauffe». Une réouverture des terrasses «améliorerait l'humeur de plus en plus morose» de leurs ouailles. Ils signalent en outre qu'«en particulier dans les villes où les loyers sont élevés, de nombreuses entreprises de restauration se trouvent dans une situation financière précaire».


■ Un instantané: le bonheur à l'anglaise

Sans conteste, dans la production quotidienne des agences de photo, cette journée est anglaise. Les photographes s'en donnent à cœur joie en ce jour de réouverture des magasins dits «non essentiels», coiffeurs et terrasses.

Puisque les Suisses, Français et Belges n'ont pas encore la possibilité de vivre cela, voici à quoi ressemble un verre entre amies à Leeds, nord de l'Angleterre, ce lundi en fin de journée.


■ Genève descend la barre à 45 ans

Surprise, Genève abaisse déjà son seuil de vaccination. Le Conseil d'Etat annonce que les plus de 45 ans peuvent désormais se faire octroyer une ration de vaccin. Adrien Bron, directeur général de la santé, indique dans un communiqué que «le dispositif de vaccination cantonal permet d’augmenter significativement la cadence. Plus il y aura d’inscrits, moins nous perdrons de temps face à l’épidémie.» Les services de santé relèvent qu'il y a une augmentation des livraisons de doses de vaccins.

Le canton fait cette annonce à une semaine de l'ouverture du vaccinodrome de Palexpo, doté d'une capacité d'accueil de 4000 personnes par semaine.


■ 5583 nouveaux cas en trois jours

La Suisse compte lundi 5583 cas supplémentaires de coronavirus en 72 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique.

C'est une hausse, même s'il y a augmentation des tests. La semaine passée, pour quatre jours avec le lundi de Pâques, le bilan était de 4932 contaminations. Il y a deux semaines, pour le week-end, 4573; le 22 mars, 3843.

Il faut remonter au 11 janvier pour retrouver un niveau aussi haut, à 6523 cas. Le résultat reposait alors sur 55 026 tests; aujourd'hui, le chiffre est donné sur la base de 72 975 tests.

Par ailleurs:

  • On déplore 16 décès supplémentaires;
  • 146 malades ont été hospitalisés;
  • Le taux de positivité s'élève à 7,65%;
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 25 967, soit 300,38 nouvelles infections pour 100 000 habitants;
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 1,14;
  • Les patients Covid-19 occupent 22,20% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d'occupation est de 65,50%.

■ Le Conseil fédéral et le parlement pour la loi Covid-19

Le Conseil fédéral ouvre ce lundi la campagne sur la loi Covid. Attaquée par référendum, celle-ci passera en votation le 13 juin. La loi Covid-19 permet de prolonger les aides financières dont plus de 100 000 entreprises et plus d'un million de personnes ont eu besoin et dépendent toujours, plaide le gouvernement.

Le Conseil fédéral a introduit plusieurs aides par droits d'urgence l'année dernière. Elles ont ensuite été inscrites dans la loi Covid-19 validée par le parlement et mise en vigueur en septembre.

La plupart de ses dispositions de la loi deviendront caduques à la fin de l'année. Mais si le non l'emporte, la loi cessera de s'appliquer en septembre déjà, relève le gouvernement.

Le comité référendaire, lui, estime que la loi fait régner la peur et remet en question le régime de la démocratie directe. Il s'oppose par ailleurs à certains points de la loi, comme l'autorisation de mise sur le marché de médicaments ou les subventions aux médias.

Le référendum a été lancé par une association, «Les amis de la Constitution», fondée fin juillet 2020. Elle compte environ un millier de membres, selon son président, Christoph Pfluger.


■ Comme d'autres faîtières, l'USAM formule ses exigences

Sortons du lockdown!

Le propos de l'Union suisse des arts et métiers (USAM) se comprend sans peine. Après d'autres faîtières économiques, dont Economiessuisse (les grandes entreprises) la semaine passée, l'organisation des PME veut accroître la pression sur le Conseil fédéral. Durant une conférence de presse ce matin, son directeur Hans-Ulrich Bigler a analysé le «stress-test pour la Suisse, son économie et son système socio-politique» que représente la crise climatique.

Le gouvernement doit se prononcer mercredi sur d'éventuels assouplissements.

Le lobby déplore le fait que l'approche du Conseil fédéral «repose presque exclusivement sur des considérations sanitaires. Des facteurs importants tels que la politique économique et financière ou les questions sociales n’ont pas été pris en compte.»

Fustigeant la task force scientifique, qui «fait partie du problème et non de la solution» selon le conseiller national Fabio Regazzi (Le Centre/TI), l'USAM réclame donc, sans grande surprise, la levée des restrictions, avec une logique de «protection ciblée» (tests, vaccins...).


■ Le moral de l'économie anglaise remonte

Deloitte a bien choisi son jour. Alors que l'Angleterre se déconfine en partie ce lundi (lire plus bas), le cabinet d'audit publie son étude sur le moral des entreprises. Il appert que le niveau d'optimisme dans les milieux d'affaires atteint un record, avec une forte reprise des bénéfices attendue cette année et un retour des embauches et de l'investissement.

L'étude a été menée entre le 17 et le 30 mars auprès d'une centaine de directeurs financiers de grandes entreprises.


■ L'Inde devient le 2e pays le plus atteint du monde

Au triste palmarès des pays les plus touchés par le coronavirus, l'Inde dépasse, depuis ce lundi, le Brésil à la deuxième place, après les Etats-Unis. Le pays a enregistré un nouveau record de plus de 168 000 nouvelles contaminations par jour.

Ce vaste espace de 1,3 milliard d'habitants a enregistré une augmentation rapide des nouvelles contaminations ces dernières semaines, portant le nombre total de cas à 13,5 millions, contre 13,48 millions enregistrés au Brésil.

Les experts, rappelle l'agence AFP, soulignent que les foules d'individus qui se pressent la plupart du temps sans masque, à l'occasion notamment de rassemblements politiques dans les Etats où ont lieu des élections, ou de festivals religieux favorisent la recrudescence des contaminations.


■ Les lycées grecs accueillent à nouveau leurs étudiants

Ils étaient fermés depuis le 7 novembre. Les lycées de toute la Grèce ont rouvert lundi. Mais les élèves et les enseignants sont soumis à «des mesures de protection élevées», en particulier des tests deux fois par semaine, a assuré la ministre de l'Education. Depuis novembre, les cours étaient dispensés en ligne. 

Tous les lundi et jeudi, les lycéens et les professeurs devront être dépistés contre le coronavirus avec des auto-tests, disponibles gratuitement en pharmacie.

Ces auto-tests seront un outil précieux

pour contrôler la propagation de l'épidémie de coronavirus dans les établissements, a précisé lundi la ministre Niki Kerameus.

Si un élève ou un enseignant s'avère positif à un auto-test, il doit s'isoler puis se soumettre dans les 48h suivantes à un nouveau test dans un centre de santé. Si cette personne est à nouveau positive, elle doit s'isoler pour quatorze jours.

Les écoles primaires et collèges, qui avaient rouvert brièvement, restent à ce stade portes closes dans tout le pays.


■ Une boisson sur une terrasse, c'est possible à Londres

Les Anglais se préparaient lundi à réinvestir terrasses de pubs, magasins dits «non essentiels» et salons de coiffure au terme d'un long hiver confiné.

Un desserrement a été décidé parce que le pays, confiné pour la troisième fois début janvier (avec des régions comme Londres confinées dès la mi-décembre), a vu sa situation sanitaire nettement s'améliorer. Il compte désormais moins de 3000 cas (en Suisse vendredi: 2519), et moins de 50 décès par jour. Moins de 3000 patients atteints du Covid-19 sont traités dans les hôpitaux contre près de 40 000 au pic de janvier. Il vaccine aussi à tour de bras: près de 60% de la population a reçu une première dose, soit la plus grande partie des moins de 50 ans.

La joie de retourner aux terrasses des cafés et restaurants est cependant ternie par la mort du prince Philip, 99 ans, vendredi, qui a plongé le Royaume-Uni dans une période de deuil national durant jusqu'au jour de ses obsèques, samedi. Les députés ont abrégé leurs vacances de Pâques pour un après-midi d'hommage à l'époux de la reine Elizabeth II lundi. Et Boris Johnson a reporté la visite au pub qu'il avait prévue pour célébrer cette réouverture.

La réouverture de la restauration en salle n'est prévue que lors de la prochaine étape du déconfinement, le 17 mai, en même temps que les hôtels, salles de spectacles et tribunes des stades, avec des capacités limitées.


■ En France, un seuil de vaccination avancé

En France, la vaccination va être élargie dès lundi à toutes les personnes âgées de 55 ans et plus, a annoncé dimanche soir le ministre de la Santé Olivier Véran. Elles recevront le produit d'AstraZeneca ou le vaccin de Johnson & Johnson, qui doit être livré à partir de lundi.Cette arrivée en avance sur le programme permet une telle décision.