France

La primaire à gauche résiste à Arnaud Montebourg

L’ancien ministre du Redressement productif est toujours donné favori pour la primaire «citoyenne» organisée par le parti socialiste français. Mais le premier débat télévisé n’a pas joué en sa faveur

Arnaud Montebourg n’avait pas prévu de se retrouver, lors d’une primaire à gauche, opposé à Manuel Valls et à Benoît Hamon ou Vincent Peillon, ses anciens compagnons de lutte au sein de l’aile gauche du Parti socialiste français. Lorsqu’il s’est lancé dans la course présidentielle au mois d’août 2016, l’ancien ministre du Redressement productif, chantre souverainiste du «made in France», avait un seul adversaire en tête: le président François Hollande qu’il avait soutenu au second tour de la primaire de 2011, pour le voir ensuite abandonner ses promesses de campagne une fois arrivé à l’Elysée. Difficile, dès lors, de se repositionner. Le premier débat télévisé de la primaire, jeudi soir, l’a montré avec éclat.

Difficulté à faire entendre sa différence

A 54 ans, soit le même âge que Manuel Valls avec lequel il complota en 2014 pour faire chuter l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg avait l’avantage devant les caméras. Ses 17% des voix de 2011 lui donnent d’emblée une légitimité. Problème: son discours de dénonciation de l’Europe libérale, sa dénonciation des «règles budgétaires communautaires absurdes» et son incantation protectionniste, ont fait long feu. Idem lorsqu’il a affirmé «être le seul candidat à parler aux classes populaires».

Entre un Valls solide sur la défense du bilan du quinquennat, un Hamon focalisé sur les «solutions nouvelles» ou les «alternatives à la raréfaction du travail» et un Peillon défenseur du rassemblement au sein du PS, l’ex-député de Saône-et-Loire a peiné à faire entendre sa différence. Et ce malgré des salves de chiffres donnés à l’antenne et la promesse d’abolir la loi El Khomri sur la flexibilité du travail.

Accentuer la critique du quinquennat

La donne, dès lors, est claire pour le second débat télévisé qui aura lieu dimanche soir, puis pour la troisième confrontation le jeudi 19 janvier. Pour revenir au premier plan, Arnaud Montebourg devra forcer sa critique du quinquennat de François Hollande, et insister sur la trahison commise selon lui par le président qui n’a pas respecté ses engagements anti-finance prises lors du fameux meeting du Bourget, le 22 janvier 2012, soit cinq ans jour pour jour avant le premier tour de la primaire. En parallèle, celui qui reste pour beaucoup le favori de ce scrutin doit montrer qu’il saura rassembler et pourra, s’il devait l’emporter, rafler des voix au candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. Lequel a annoncé, au moment même du débat, avoir obtenu les 500 parrainages d’élus indispensables pour se présenter à l’Elysée.

Ce premier débat de la primaire à gauche a démontré la difficulté d’un exercice où les anciens premiers rôles gouvernementaux côtoient des candidats qui ne représentent qu’eux-mêmes, tels les anciens Verts Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy. Pas sûr, si cela continue ainsi, que ce spectacle politique ne parvienne à rallier au moins deux millions d’électeurs (quatre millions se sont déplacés pour la droite), soit l’objectif que s’est assigné le PS pour ses 7300 bureaux de vote à travers la France.


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