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Nicolas Sarkozy assiste au Conseil national des «Républicains», le 14 Février 2016, à Paris. 
© LIONEL BONAVENTURE

France

Des primaires de droite sans Sarkozy? C'est possible

La mise en examen de l’ancien président, mardi, pour le financement illégal de sa campagne, relance les hypothèses sur son retrait éventuel de la prochaine course présidentielle en 2017

Il y a les candidats déclarés à la primaire qui n’attendent que son retrait, comme son ancien premier ministre François Fillon et l’ancien patron de l’UMP Jean-François Coppé, ennemi juré du précédent. Et il y a ceux qu’un grand chamboulement à droite inquiètent, comme le grand favori des sondages Alain Juppé qui, mardi soir, a tenu à redire sa «sympathie» à Nicolas Sarkozy.

La vérité est que l’ancien chef de l’Etat Français, mis en examen hier pour financement illégal de sa campagne 2012, est plus que jamais le verrou des présidentielles 2017 dans le camp conservateur. S’il se porte candidat – il peut le faire officiellement jusqu’au 15 septembre, mais on le voit mal attendre l’été – le duel tant attendu Juppé-Sarkozy deviendra réalité. S’il renonce, alors la course sera complètement relancée, car ses partisans se disperseront dans plusieurs camps, modifiant la donne de cette primaire des 20 et 27 novembre, pour laquelle sept candidats ont déjà annoncé leur intention de concourir.

Onze heures dans le bureau des juges

Nicolas Sarkozy, lui, n’a pas commenté personnellement ces onze heures passées dans le bureau des trois juges d’instruction chargés d’enquêter sur les comptes de sa campagne présidentielle perdue de 2012, invalidés par le Conseil Constitutionnel pour dépassement de la limite légale de 22 millions d’euros. Sa ligne de défense a néanmoins été donnée par ses avocats qui se sont félicités de sa seule mise en examen pour «financement illégal», délit selon eux déjà tranché par les sages constitutionnels qui, en lui refusant les subsides publics, avaient contraint l’UMP à rembourser les dépenses de campagne incriminées.

Lire aussi: La présidentielle de 2012 rattrape Nicolas Sarkozy

Mieux: l’ancien locataire de l’Elysée, sorti avec le statut de «témoin assisté» dans l’enquête pour escroquerie et usage de faux, se trouve selon eux conforté dans sa thèse selon laquelle il ignorait tout, comme candidat, des falsifications comptables de la société Bygmalion qui avait surfacturé ses prestations. Une ligne que l’intéressé brandit dans son dernier livre «La France pour la vie» (Ed. Plon) affirmant qu’il ne connaissait même pas le nom de cette entreprise de communication. Dans le camp Sarkozy donc, tout reste a priori possible.

Impact politique

Le problème est que les faits sont moins simples, et que leur impact politique est encore moins prévisible. Sur le plan judiciaire, il est vrai que Nicolas Sarkozy – évidemment présumé innocent jusqu’à l’éventuel procès que ses avocats vont tout faire pour retarder, voire empêcher – n’a pas été mis en examen pour «faux et escroquerie», ce qui l’aurait rangé comme complice des agissements de certains dirigeants de l’UMP et de Bygmalion.

Mais en l’accusant de financement illégal et de dépassement des comptes de campagne, les juges ont bel et bien réveillé le fantôme de cette affaire car les chiffres sont indissociables des manœuvres. Comment ne pas imaginer que ses adversaires à la primaire, lors des débats télévisés prévus à l’automne, ne le pilonneront pas sur ce dossier? S’y ajoute la question simple, de base: en pulvérisant le plafond des dépenses de campagne, Nicolas Sarkozy, le président sortant garant de l’impartialité de l’Etat, a, de fait, triché financièrement face à François Hollande. Alors, comment lui refaire confiance?

Dopé «à l’insu de son plein gré»

Il ne s’agit plus, en somme, de savoir si Nicolas Sarkozy savait, ou non, ce qui tramait dans les cuisines comptables de son parti. Les juges ont pointé le fond du problème: l’homme était candidat porté par une campagne financée de façon illégale. On pourrait presque faire l’analogie avec le dopage dans le sport, et ce cycliste Français qui affirma un jour avoir été dopé «à l’insu de son plein gré».

Les magistrats Français ont posé, à travers sa mise en examen, une question de principe qui touche à l’autorité et à la crédibilité de celui qui mène actuellement tambour battant son parti, «Les Républicains», à la bataille pour 2017. Cela, à un moment où beaucoup d’observateurs s’inquiètent, peut-être à tort, du climat délétère à droite, et de la multiplication des candidatures aux primaires qui risquent de plonger celles-ci dans la confusion. Difficile, enfin, pour Nicolas Sarkozy de pilonner son principal adversaire à droite, le Front National, sur son propre recours à des financements illégaux à propos duquel une enquête est actuellement menée.

L’ancien président Français – par ailleurs déjà mis en examen dans l’affaire des écoutes pour obstruction à la justice – n’a pas du tout été mis hors jeu mardi soir par les juges. Mais sa capacité à courir ce tout nouveau parcours d’obstacles de la primaire à droite sans faire éclater sa formation, et donc ruiner les chances de son camp pour 2017, se trouve sérieusement affectée.

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