Les candidats se présentent, première joute

François Hollande: «Je serai le président de la justice parce que nous traversons une crise dure, grave qui touche les plus modestes et donc je veux que la justice soit au coeur de la République».

«Je serais aussi le président du redressement» alors que «la France a décroché» et que «le chômage est à un niveau historique». «Je veux aussi être le président du rassemblement» car pendant «des années «les Français ont été opposés les uns aux autres, divisés».

Nicolas Sarkozy: «Je veux que ce soir, ce soit un moment d’authenticité». Les formules de son adversaire, «c’est classique, c’est ce qu’on dit à tous les débats». Il a souhaité que «chacun dise sa vérité», mais «pas avec des formules creuses».

«Il n’y a pas eu de divisions, il n’y a pas eu d’émeutes, il n’y a pas eu de violences. La France, dans ces quatre années de crise, a avancé dans un mouvement de réformes continu sans aucun blocage» (...) «Il y a ceux qui parlent de rassemblement et puis il y a ceux qui l’ont fait vivre».

Rassemblement, un mot, deux visions

Nicolas Sarkozy: «Le rassemblement c’est quand on parle au peuple de France», «je ne suis pas l’homme d’un parti, je ne parle pas à la gauche», «hier (au Trocadéro) je me suis adressé à tous les Français, pas simplement aux syndicalistes qui ont un rôle à jouer», a-t-il dit: pour être président, il faut «parler à tous, y compris, ceux qui n’ont pas vos idées, (...) c’est peut-être ce qui fait notre différence».

François Hollande: «Je dois avoir le sens de la réunion, de la réconciliation» des Français, a dit le socialiste, attaquant à son tour: «moi, je ne distingue pas le vrai travail du faux, les syndicalistes qui me plaisent et ceux qui ne me plaisent pas, les organisations patronales (...), je n’oppose pas les salariés du privé et du public, je n’essaie pas de savoir qui est né ici depuis combien de générations, nous sommes tous Français et nous devons nous retrouver dans le même effort».

Insultes et dérapages des partisans

Nicolas Sarkozy: «Quand il y a un propos désagréable à l’endroit de quelqu’un qui vous est proche, je l’ai condamné. Quand on m’a comparé à Franco, à Laval, à Pétain, et pourquoi pas à Hitler, vous n’avez pas dit un mot. Quand Mme (Martine) Aubry me traite de Madoff, 183 ans de prison, et que le leader la famille ne dit rien, c’est qu’il cautionne. Quand on cautionne des outrances, c’est qu’on a peur, c’est qu’on n’a pas la force de les dénoncer»

François Hollande : «M. Sarkozy, vous aurez du mal à passer pour une victime et pour un agneau». «Je vais moi même évoquer tout ce qui a été dit sur moi, vous voulez que je fasse cette liste où vos amis m’ont comparé à je ne sais quel bestiaire, j’ai eu droit à tous les animaux des zoo (...) j’ai eu le droit à toutes les comparaisons les moins flatteuses, j’ai été attaqué sur tous sujets, et vous pensez que j’ai imaginé que c’était vous qui inspiriez ces propos ?»

Invectives

Nicolas Sarkozy:

«Vous mentez»

«Vos chiffres sont faux»

«M. Hollande, ce n’est pas le concours de la petite blague»

«Dans votre volonté de démontrer l’indémontrable, vous mentez»

François Hollande :

«Avec vous c’est très simple, ce n’est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire».

«Vous êtes toujours content de vous».

«C’est pas vous qui posez les questions, donnez les notes dans cet exercice»

«Vous ajoutez maintenant la calomnie au mensonge»

Chômage: les chiffres s’entrechoquent

François Hollande: «Le chômage a augmenté, si l’on prend l’ensemble des personnes inscrites, d’un million» pour atteindre «4 millions de personnes», ou «de 700.000» si «l’on prend les personnes qui n’ont aucune activité».

Référence: demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, sans activité (catégorie A) ou avec une activité réduite (catégorie A + B et C).

Nicolas Sarkozy: «le chômage a augmenté de 422.000, ce qui est trop, entre 2007 et 2011, soit une augmentation de 18,7%».

Référence : chiffres de l’Insee correspondant à la définition du chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT)