«La prochaine fois, nous n'aurons aucune revendication, nous serons animés du seul but d'infliger le maximum de pertes à l'ennemi.» C'est sur ce ton plutôt menaçant que le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev a revendiqué vendredi l'organisation de la prise d'otages dans le théâtre de la Doubrovska et annoncé d'autres attentats sur territoire russe. Tout en reconnaissant que le but principal de l'opération – «faire cesser cette guerre et le génocide du peuple tchétchène» – avait été manqué, il constate avec «satisfaction» que le monde a pu voir comment les «autorités étaient capables de pulvériser, sans remord, sans hésitation et de la plus féroce manière, leurs propres citoyens en plein centre de Moscou». Il ajoute: «Nous avons fait sentir aux Russes dans leur chair les charmes de cette guerre renvoyée là d'où elle était partie.»

Chamil Bassaïev dans la foulée dédouane l'ex-président Aslan Maskhadov en s'excusant auprès de lui de ne l'avoir pas informé de la tenue de l'opération. Comme il était prévisible, les Tchétchènes répondent à l'intransigeance du président Poutine par la promesse de nouvelles violences. Comme le souligne le journaliste Vadim Doubnov, les propagandistes russes qui disent souvent que «seule la guerre peut mettre fin à la guerre» oublient de citer leurs sources. Il s'agit d'un proverbe tchétchène.