« Tokio, 19 septembre

Après le tir d’artillerie, les Japonais ont occupé la ville de Kwang-Chang-tsé. L’arsenal et l’aérodrome de Moukden sont aux mains des Japonais, qui ont fait 450 prisonniers.

La ville de Moukden est tout entière aux mains des Japonais, qui ont perdu, dans le voisinage de Chang-Choun, 30 morts. 90 hommes ont été blessés.

Après l’occupation de Moukden, les autorités militaires japonaises ont publié une proclamation affirmant que la troupe assurerait la sécurité des habitants et le maintien de l’ordre et que les propagateurs de bruits alarmants seraient sévèrement punis.

La ministre de la Guerre déclare que la situation s’étant améliorée en Mandchourie, on a renoncé à y envoyer les troupes japonaises de Corée. Un groupe d’avions a été envoyé à Moukden pour établir la liaison entre les armées japonaises de Kwang-Toung et celles de la Corée.

Qui a raison?

Pékin, 19 septembre

Un communiqué officiel annonce que les troupes japonaises ont occupé les concessions étrangères de Moukden et la ville indigène et ont pris possession des principales artères de la Cité et des édifices publics.

La légation des Etats-Unis à Pékin a reçu du consul américain à Moukden un message disant que tous les étrangers sont sains et saufs à Moukden, Une grande agitation a régné à Pékin, mais on ne signale pas de manifestations ­anti-japonaises.

La légation japonaise a déclaré que c’est à la suite de l’interruption par les troupes chinoises, près de Moukden, de la ligne du chemin de fer de Mandchourie méridionale, propriété japonaise, qu’un conflit a éclaté entre les troupes chinoises et les employés de chemin de fer japonais.

Du côté chinois on prétend que les Japonais ont détruit une partie de la voie ferrée et ont accusé ensuite les Chinois de sabotage, cherchant ainsi à entamer une querelle. Selon un journal chinois local, les troupes japonaises se livreraient au pillage. Les autorités chinoises envoient en Mandchourie un train spécial amenant des correspondants de journaux étrangers afin de se rendre compte de la situation exacte.

Protestation de Nankin

Le ministre chinois des Affaires étrangères a adressé à M. Shigemutsu, ministre du Japon à Nankin, une protestation demandant la suspension immédiate des hostilités et le retrait des troupes japonaises sur leurs positions antérieures. [Il] a demandé aussi au chargé d’affaires chinois à Tokio de protester également auprès du gouvernement chinois. »