La Fondation Right Livelihood Award, qui décerne ce jeudi son Prix Nobel alternatif à Stockholm, va renforcer sa présence à Genève. L’organisation avait ouvert un bureau à la Maison de la paix au mois de juin. Elle entend désormais mettre en contact ses lauréats avec l’ONU, en particulier le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, afin de mieux les protéger s’ils sont menacés dans leur pays. Les lauréats viendront donner une conférence à Genève le 2 décembre.

Cette année, le prix a été décerné à la Canadienne Sheila Watt-Cloutier, porte-parole de la cause des Inuits en Arctique et témoin des effets du changement climatique. Deux autres activistes ont été primés: la militante ougandaise pour les droits des lesbiennes, bisexuels, transsexuels et intersexués Jacqueline Nabagesera et le médecin italien Gino Strada, fondateur de l’ONG Emergency spécialisée dans la rééducation des victimes de guerre.

Ouvert à toutes les propositions

Les trois lauréats se partagent 320 000 euros. Un prix honorifique a été attribué au ministre des Affaires étrangères des îles Marshall, Tony de Brum, pour son combat pour le désarmement atomique. L’archipel avait subi les conséquences des essais nucléaires américains.

«La sélection est bien plus ouverte que pour le prix Nobel, où les tractations politiques aboutissent parfois à des choix très controversés, comme lorsqu’il a été décerné à l’Union européenne ou au président américain Barack Obama», explique Rama Mani, membre du jury international du Right Livelihood Award. «Chacun peut envoyer des candidatures de personnes ou d’initiatives remarquables pour faire face aux défis du monde. Nous examinons toutes les propositions.» Le jury prend aussi le temps d’aller voir sur le terrain, pour être sûr que les lauréats méritent d’être primés.

Grâce à une vente de timbres

Le Right Livelihood Award a été créé en 1980 par le Suédois Jakob von Uexkull, un parlementaire écologiste européen. Après le refus du comité du Nobel de créer un prix dans les domaines de l’environnement et du développement, il a lancé sa propre fondation, d’abord financée par la vente de sa collection de timbres. Le prix intègre désormais d’autres domaines, comme les droits humains ou la lutte pour les libertés. L’an dernier, il a été décerné au lanceur d’alerte Edward Snowden, à l’origine du débat planétaire sur la cybersurveillance.