L’un des très prestigieux prix Pulitzer a été décerné lundi pour la première fois à un site d’information sur internet, ProPublica, pour un article sur un centre médical de La Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005. L’article de Sheri Fink récompensé a été rédigé en collaboration avec le New York Times Magazine. C’est la première fois qu’une fondation à but non lucratif comme ProPublica reçoit un tel prix. La fondation new-yorkaise, à but non lucratif, collabore avec des journaux et finance des enquêtes journalistiques. «Ces partenariats vont se répandre de plus en plus car les médias sont en crise», prédit Sig Gissler, du prix Pulitzer, à la BBC.

2010 consacre internet

Mark Fiore, de www.sfgate.com, le site internet du San Francisco Chronicle, remporte pour sa part le prix dans la catégorie «dessins de presse». Ces deux premières confirment la tendance de l’année: celle du web. L’autre grand prix journalistique, le Polk Award 2010, a en effet consacré une vidéo d’un amateur postée sur le net. Elle montre les dernières minutes de vie de Neda, une jeune femme tuée par balle au cours d’une des manifestations de protestation qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne de 2009. La vidéo l’érigeait en symbole de la lutte contre l’oppression partout dans le monde. Un reportage de Tracy Weber et Charles Ornstein, pour ProPublica, et publié dans le Los Angeles Times était en outre finaliste dans la catégorie «service public», le prix Pulitzer le plus prestigieux.

Au total, le palmarès des récompenses prix Pulitzer distingue (encore?) la presse traditionnelle. Le Washington Post, avec quatre prix, devance le New York Times (trois prix). Le quotidien de la capitale fédérale, grand perdant l’an dernier – il n’avait obtenu qu’un Pulitzer –, remporte le prix dans les catégories «informations internationales», «commentaires», «critique» et «magazine».