Égypte

Pro et anti-Morsi continuent de s’affronter devant la présidence

Malgré la tension, le pouvoir a mercredi annoncé le maintien, dans dix jours, d’un référendum constitutionnel controversé. Après une deuxième journée de manifestations, les heurts allaient en soirée en s’intensifiant entre pro et anti-Morsi. Plus de 200 blessés ont été recensés suite aux heurts. Plusieurs appels à la retenue ont été lancés

Les abords du palais au Caire ont été, pour la deuxième journée consécutive, l’épicentre des tensions provoquées par la plus grave crise politique que connaisse l’Egypte depuis l’élection en juin de Mohamed Morsi.

Des affrontements avec des cocktails molotov et des pierres opposaient des partisans du président Mohamed Morsi à des manifestants. Ces derniers protestent contre le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat. Des voitures ont été incendiées et des tirs entendus, selon des journalistes de l’AFP qui ont également fait état de blessés.

Par ailleurs, des manifestants hostiles au président Mohamed Morsi ont incendié mercredi soir les locaux de la confrérie islamiste dont il est issu dans deux villes du nord-est de l’Egypte.

Les Frères musulmans appellent tous les manifestants, opposants et partisans du président islamiste Mohamed Morsi, à se retirer des abords du palais présidentiel au Caire où ils s’affrontent depuis plusieurs heures, a déclaré un haut responsable.

Conséquences au gouvernement

Trois conseillers du président égyptien Mohamed Morsi ont démissionné en signe de protestation, alors que la crise qui divise le pays a pris une tournure violente avec des affrontements devant le palais présidentiel, a annoncé mercredi l’agence officielle Mena.

Amr el-Leithi, Seif Abdel Fattah et Ayman al-Sayyad ont présenté leur démission, selon Mena. Il s’agit des premières démissions dans l’équipe Morsi annoncées depuis le début de la crise le 22 novembre.

Appels à la retenue

Les Frères musulmans ont appelé mercredi soir tous les manifestants, opposants et partisans du président islamiste Mohamed Morsi, à se retirer des abords du palais présidentiel au Caire où ils s’affrontent depuis plusieurs heures.

«Les manifestants doivent se retirer en même temps et s’engager à ne pas retourner là-bas vu la portée symbolique du palais», a déclaré Mahmoud Ghozlan, un haut responsable de la confrérie dont est issu Mohamed Morsi.

Le Premier ministre Hicham Qandil a lui aussi demandé aux manifestants de se retirer «immédiatement» des abords du palais et appelé au calme, selon l’agence officielle Mena.

Le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed al-Tayyeb, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a appelé mercredi soir les Egyptiens à la retenue et au dialogue, alors que le pays vit sa pire crise depuis l’élection du président islamiste Mohamed Morsi en juin.

De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a appelé toutes les parties en Egypte à «faire preuve de retenue», alors que les adversaires et les partisans du président égyptien Mohamed Morsi se sont affrontés devant le palais présidentiel.

L’Union européenne a également appelé au «calme» et à la «retenue» les adversaires et les partisans du président égyptien Mohamed Morsi, exhortant ce dernier à poursuivre la transition démocratique en Egypte.

Référendum maintenu

Malgré la poursuite des manifestations de protestation, le pouvoir a refusé de céder sur la tenue, le 15 décembre, d’un référendum sur un projet de nouvelle Constitution bouclé en toute hâte, et dont les libéraux, partis de gauche et églises chrétiennes ont boycotté la rédaction.

Ce projet est accusé par l’opposition de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d’expression, et d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

Le vice-président Mahmoud Mekki a déclaré que le référendum aurait lieu «à la date prévue». Il a appelé l’opposition à mettre par écrit ses critiques contre certains articles du projet pour qu’elles soient examinées, une fois le texte voté, par un Parlement qui reste à élire.

Accord possible

Selon Mahmoud Mekki, un accord peut intervenir sur des amendements à la constitution. Il a appelé à l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition. «Il doit y avoir un consensus. Il existe une véritable volonté politique de surmonter la période actuelle et de répondre aux exigences de l’opinion publique», a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Toutes les parties respecteraient ce document jusqu’aux prochaines élections législatives, prévues l’an prochain. Le nouveau parlement pourrait alors mettre sur les rails un processus permettant un amendement formel de la constitution.

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