Un sénateur français et ex-maire de Tours, qui avait disparu en laissant une lettre d’adieu, a été trouvé mort mardi alors qu’il devait comparaître dans un procès sur des «mariages chinois» simulés dans sa ville entre 2007 et 2011, a-t-on appris de source policière. «Selon les tout premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un suicide», a précisé cette source.

Jean Germain, 67 ans, ex-maire socialiste de Tours, devait comparaître pour avoir favorisé des malversations à l’occasion de l’organisation de cérémonies de mariage pour touristes chinois qu’il célébrait. Il a été retrouvé mort près de son domicile.

A l’ouverture du procès, lors de l’appel des accusés au tribunal, son avocat Dominique Tricaud avait révélé que l’élu avait disparu laissant une lettre d’adieu dans son véhicule.

Dans cette lettre, lue à la presse par l’avocat, Jean Germain écrit notamment: «Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m’aiment, mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement.»

Le dossier des «mariages chinois» tire son origine de l’organisation entre 2007 et 2011 pour une clientèle chinoise de «Noces romantiques» dans la région de Tours, incluant notamment des visites de châteaux de la Loire, classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

L’organisatrice de ces visites, Lise Han, avait été embauchée en 2008 au cabinet du maire, puis par la société d’économie mixte en charge du tourisme dans la région.

Originaire de Taïwan, Lise Han était la gérante de fait de la société organisatrice des «mariages», selon la justice française. Elle est accusée d’«escroquerie», de «prise illégale d’intérêt», et de «recel de fonds publics».

Ceint de son écharpe tricolore, le maire posait pour les photographes lors des mariages simulés. Jean Germain a assuré avoir ignoré «en totale bonne foi les mensonges et les manipulations de Lise Han».

Grâce à elle, des dizaines de couples chinois sont ainsi venus chercher, sur les bords de la Loire, une touche d’exotisme à la française.

Pour l’avocat du sénateur, «le nombre de touristes (dans la région) a été multiplié par trois», et, selon lui, «il n’y a pas eu de préjudice» subi par la collectivité.