Elle a longtemps résisté aux sirènes de l’impeachment, revendiqué par l’aile progressiste de son parti. Fine stratège, la speaker Nancy Pelosi a jusqu’ici privilégié le pragmatisme politique, consciente qu’une procédure d’impeachment a très peu de chances d’aboutir, pire, qu’elle peut nuire aux démocrates pendant la campagne pour la présidentielle de 2020, en prenant la forme d’un vicieux effet boomerang. Puis le devoir moral a parlé et pris le pas sur la raison et les calculs froids. 

Un jour historique

Face à ce qu’ils considèrent comme des actes d’abus de pouvoir et de trahison graves, les démocrates ne pouvaient pas ne pas agir. Le texte de la transcription de l’échange téléphonique avec Volodymyr Zelensky qualifié d’«anodin» par Donald Trump est proprement hallucinant. Mais le président américain, qui nie toute pression exercée sur le président ukrainien, n’y voit aucun mal. Les démocrates sont-ils pris au piège? Ils auront au moins réussi une chose: faire du 24 septembre 2019 un jour historique. Qu’elle explose en plein vol ou pas, la procédure d’impeachment est désormais indissociable de Donald Trump.