L'ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic comparaît lundi devant la justice internationale deux ans après avoir écopé de 40 ans de prison pour génocide. L'ancien psychiatre a dressé une liste d'une cinquantaine de griefs pour faire annuler sa condamnation.

Lors du verdict: Radovan Karadzic reconnu coupable de génocide

L'ancien chef séparatiste, aujourd'hui âgé de 72 ans, plus haut responsable jamais jugé par le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, fait appel de sa condamnation pour génocide pour le massacre de juillet 1995 à Srebrenica, «zone de sécurité» sous protection théorique de l'ONU, où 8000 Musulmans de Bosnie, hommes et adolescents, ont été tués par les séparatistes bosno-serbes. Il a également été reconnu coupable de neuf autres chefs d'accusation de crimes de guerre.

Un accusé «présumé coupable»?

Son avocat a fait appel du verdict du TPIY, estimant que les juges «l'ont présumé coupable et ont construit un jugement pour justifier cette présomption».

Dans son verdict, le TPIY considérait que l'accusé, «fer de lance des structures militaires, politiques et gouvernementales» des Serbes de Bosnie, avait cherché à diviser le pays.

Une tribune: Radovan Karadzic ou le cruel miroir tendu à l’Europe

Un «nettoyage ethnique»

En s'emparant de plusieurs municipalités, ses troupes avaient «sélectionné leurs victimes sur la base de leur identité de musulman ou de Croate», affirmaient les juges. Selon eux, le massacre de Srebrenica s'inscrivait dans le cadre d'un «nettoyage ethnique» planifié par un trio regroupant Karadzic, le général Ratko Mladic et Slobodan Milosevic.

L'accusé a aussi été condamné pour des persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de Sarajevo, qui coûta la vie à 10 000 civils en 44 mois, ainsi que pour des camps de détention aux «conditions de vie inhumaines».

Le conflit dans ce petit pays des Balkans a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.