France

Le procès Fillon devient possible

Le parquet national financier a retenu plusieurs chefs d’accusation contre l’ancien candidat à la présidentielle et son épouse

«Détournements de fonds publics, abus de biens sociaux, escroquerie aggravée et complicité»: tels sont les chefs d’accusation auxquels devront répondre François Fillon et son épouse devant un tribunal correctionnel, si le juge d’instruction Serge Tournaire suit les réquisitions du parquet national financier (PNF). La décision de cette instance, divulguée vendredi par Le Monde, signifie qu’un procès du couple pourrait avoir lieu, fin 2019.

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Des soupçons fondés

Le résultat de l’enquête du parquet est particulièrement sévère sur Penelope Fillon. «Aucun élément tangible ne permet de confirmer la réalité de son activité de collaboratrice parlementaire», affirment les magistrats, qui soulignent «qu’aucune trace écrite, aucun témoignage objectif et concordant n’a pu être mis au jour la concernant».

L’épouse de l’ex-candidat de la droite à la présidentielle est aussi accusée d’avoir bénéficié d’un emploi fictif à la Revue des Deux Mondes, dirigée par le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, quand son mari était premier ministre. L’homme d’affaires avait reconnu les faits et s’est vu condamner le 11 décembre 2018 à 8 mois de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende, à l’issue d’une procédure de plaider-coupable.

Les partisans de François Fillon, arrivé en troisième position au premier tour de la présidentielle (20,01% des voix), ont longtemps dénoncé une instrumentalisation politique de la justice dans l’affaire le concernant, révélée en janvier 2017 par Le Canard enchaîné. Le réquisitoire de 59 pages du PNF, substantiel, démontre au contraire que les soupçons étaient fondés.

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