Justice

Le procès des tueurs présumés de deux Scandinaves au Maroc a été reporté

Le procès de 24 accusés a été repoussé à la demande de l’avocat d’un Hispano-Suisse de 25 ans, accusé d’avoir entraîné les auteurs présumés du double assassinat

Le procès des assassins présumés de deux jeunes touristes scandinaves, décapitées dans les montagnes de l'Atlas, a été reporté au 16 mai quelques minutes après son ouverture jeudi à Salé, au Maroc. L'attaque avait été commise au nom du groupe Etat islamique (EI).

Un total de 24 accusés, dont les trois meurtriers présumés, sont arrivés devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé, ville-jumelle de Rabat, pour être jugés pour «apologie du terrorisme», «atteinte à la vie de personnes avec préméditation» ou «constitution de bande terroriste». En tenue traditionnelle salafiste – qamis et barbe – ou en joggings, ils semblaient décontractés, l'un d'eux affichant un sourire devant les journalistes. 

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L'avocat d'un des accusés secondaires, un Hispano-Suisse, avait annoncé vouloir demandé le report de l'audience «pour mieux préparer la défense, car il n'a pas encore lu le dossier», avait indiqué à l'AFP Me Saad Sahli.

«Je veux un procès équitable»

Le jeune homme de 25 ans est soupçonné d'avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée, de «les avoir entraînés au tir» et d'avoir participé à l'embrigadement de recrues, selon les enquêteurs. Devant le juge d'instruction antiterroriste, il a clamé son innocence.

Le double national se trouvait en Suisse au moment de l'assassinat, selon Saskia Ditisheim, une avocate suisse dépêchée au Maroc par la famille. «Je veux un procès équitable et des juges qui cherchent la vérité: s'il est innocent, il est innocent», a-t-elle dit.

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Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées, égorgées et décapitées dans la nuit du 16 au 17 décembre, sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient.

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La peine de mort réclamée

Ceux qui sont impliqués directement dans le crime risquent théoriquement la peine de mort. L'avocat des parents de Louisa, qui se sont constitués partie civile, a indiqué à l'AFP avant l'audience qu'il comptait demander la peine de mort pour les assassins «même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés».

Une vidéo montrant la décapitation d'une des touristes, filmée par un des tueurs avec un téléphone portable a été diffusée sur les réseaux sociaux après la découverte des corps. Dans cette séquence d'une extrême violence, on entend un des tueurs parler d'«ennemis d'Allah» et de «revanche» pour des «frères» en Syrie.

Une autre vidéo publiée dans la foulée montre les trois meurtriers présumés et un de leurs compagnons prêtant allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi.

Des jeunes issus de quartiers déshérités

Agés de 25 à 33 ans, les accusés vivaient dans la précarité dans des quartiers déshérités de Marrakech. Issus de milieux modestes, avec un niveau d'études et d'instruction «très bas», ils vivaient de petits boulots, selon les enquêteurs. Leurs proches les décrivent comme des adeptes du salafisme, une branche ultraconservatrice de l'islam sunnite.

Leur «cellule terroriste» inspirée par l'idéologie de l'EI n'avait pas de «contact» avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon les enquêteurs. L'EI n'a pas revendiqué leurs actes. 

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