Un moment de grande émotion a marqué les premières heures du procès intenté à quatre hommes pour le crash du vol MH17, le 17 juillet 2014, quand la procureure, Dedy Woei-A-Tsoi, a égrené durant vingt minutes, lundi 9 mars, le nom des 298 victimes du Boeing de Malaysia Airlines, abattu par un missile au-dessus du territoire est-ukrainien.

Les quatre individus qui sont jugés par contumace aux Pays-Bas ont, selon l’accusation, contribué à l’acheminement depuis la Russie, puis à l’évacuation du système russe antiaérien Buk, dont un missile a frappé l’avion. Mais ils ne sont pas accusés d’être les auteurs du tir. Un drame «à peine concevable», a déclaré le président du tribunal, Hendrik Steenhuis. Un drame dans lequel une responsabilité semble, en tout cas, établie d’emblée, selon le Ministère public: celle de la Russie, dont «les services de sécurité tentent activement d’entraver les efforts pour établir la vérité», déclarait mardi le procureur Thijs Berger. «Nous avons ici un exemple type d’une campagne de désinformation par le gouvernement russe», ajoutait Mme Woei-A-Tsoi.