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Les promesses toujours hasardeuses de François Hollande

«Le retournement économique arrive», assure le chef de l’Etat. Comme pour la promesse d’inversion de la courbe du chômage, fin 2013, des doutes s’expriment de tous côtés sur cette prophétie peu réaliste. Une manière peu convaincante d’entamer la 3e année du quinquennat

François Hollande ou les promesses hasardeuses

France Le président entame la troisième année de son quinquennat

Des doutes s’expriment sur son engagement en faveur de l’emploi

Analyse

François Hollande est un récidiviste des promesses baroques et des engagements hasardeux, qui le mettent en difficulté des mois durant. Après la prophétie sur l’inversion de la courbe du chômage à la fin 2013, impossible à tenir, l’assurance donnée le 14 juillet dernier que «la reprise est là», le président de la République a ouvert la troisième année de son quinquennat sur ce pronostic, diffusé par Le Journal du Dimanche: «Le retournement économique arrive.» Hormis Stéphane Le Foll, ami du chef de l’Etat bombardé porte-parole du gouvernement, qui a assuré le service après-vente de cette annonce, le monde politique, à droite, au centre, chez les écologistes, à la gauche de la gauche, doute et ironise.

«Pensée magique», «grand bluff», «prophétie autodestructrice», «méthodes d’illusionniste»: le foisonnement des formules, dans la bouche de François Bayrou (MoDem), Valérie Pécresse (UMP), Yves Jégo (centriste) ou Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), montre à quel point François Hollande excelle dans l’art de distribuer des armes et des sujets de polémique à ses adversaires, qui s’en emparent avec un plaisir politique non dissimulé. Cette méthode de communication est incompréhensible, surtout quand elle se double d’une crise de confiance majeure envers le sommet de l’Etat. Après deux ans de pouvoir socialiste, plus personne ne croit aux promesses de François Hollande, dont la cote de popularité a sombré sous les 20%.

Réagissant à la défaite des socialistes aux élections municipales, le président a accéléré l’entrée dans la deuxième phase du quinquennat. Ce découpage avait été théorisé durant la campagne: la première partie était censée être celle du «redressement» difficile et exigeant; elle devait être suivie d’une séquence politiquement plus porteuse de récolte des fruits de l’effort. Or les deux premières années d’exercice du pouvoir ont été cauchemardesques. La sombre situation économique et budgétaire du pays a été sous-estimée par les équipes de campagne: les premières promesses comme la renégociation du traité européen de discipline budgétaire n’ont pas été tenues; les hausses d’impôts ont suscité une révolte inédite confinant à la jacquerie; l’économie n’est pas suffisamment repartie pour que les nouveaux emplois créés puissent faire diminuer le chômage; la défiance des Français s’est accumulée jusqu’à la claque magistrale infligée aux élections municipales. Le couteau sous la gorge, François Hollande a procédé à des changements de personnes: exit le terne Jean-Marc Ayrault, remplacé à la tête du gouvernement par l’énergique Manuel Valls; exit l’inexistant Harlem Désir, remplacé à la tête du PS par Jean-Christophe Cambadélis, plus stratégique; exit le conseiller en communication Aquilino Morelle, amateur de chaussures de luxe soupçonné de conflit d’intérêts.

Ces changements opérés, la feuille de route présentée par le nouveau premier ministre n’augure pas des lendemains radieux. Les économies restent à faire, les réformes à mettre en route. Et, surtout, le président peut-il se remanier lui-même et faire de la politique différemment? A en croire sa prévision optimiste sur le prochain «retournement économique», on peut en douter.

Certes, la période de croissance zéro semble passée. Mais, si la prévision de 1% émise par Bercy pour 2014 a été validée tant par le Haut Conseil des finances publiques que par la Commission européenne, la suite des opérations est sujette à caution. L’estimation d’une croissance de 1,7% en 2015 est jugée optimiste – sous-entendu trop optimiste – par le premier, tandis que la seconde anticipe 1,5% pour 2015, comme elle l’a annoncé lundi. Surtout, la Commission ne croit pas la France capable de tenir son objectif de retour du déficit sous la barre des 3% en 2015. Elle l’a dit poliment, mais clairement. La semaine dernière à l’Assemblée nationale, durant le débat sur le programme de stabilité et le plan d’économies de 50 milliards, plusieurs spécialistes des comptes publics, comme le président de la Commission des finances, Gilles Carrez, ont émis les mêmes doutes. La croissance n’est pas suffisamment au rendez-vous, les économies pas suffisamment documentées pour qu’ils croient sérieusement possible d’atteindre la cible. Surtout, ont mis en garde plusieurs députés de l’opposition, les Français n’ont pas encore mangé leur pain noir en termes de hausse d’impôts: celles qui ont été votées l’an passé se feront sentir cet automne.

Comment rebondir dans ce contexte? Pour s’expliquer et commencer à retisser le lien avec les Français, François Hollande donnera ce mardi matin une heure d’interview sur BFM TV et RMC. La prophétie du «retournement économique» et la question de l’inversion de la courbe du chômage occuperont sans doute une place importante dans l’entretien. Prochain test: le 25 mai, avec les élections européennes. Les sondages sur les intentions de vote prédisent le PS en troisième position derrière le Front national et l’UMP. Ces pronostics-là semblent plus fiables que ceux de François Hollande.

Pour les européennes, les sondages prédisent un PS en troisième position

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