La Pologne a donc tenu bon. A Helsinki ce vendredi, sauf coup de théâtre, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président en exercice de l'UE, le premier ministre finlandais Matti Vanhanen, rediront à Vladimir Poutine leur opposition à l'embargo russe sur les produits agroalimentaires polonais, décrété en 2005 sous des prétextes vétérinaires discutés.

Le coup est rude a priori pour la Commission qui, dans ses directives adoptées en juillet 2006, s'est engagée à conclure un accord couvrant tous les aspects de la coopération UE-Russie. Il présente aussi un risque de surenchère. Jeudi, Moscou a lié l'embargo au contentieux avec la Roumanie et la Bulgarie, futurs Etats membres, que les Russes accusent aussi de contrebande de viande.

Les questions ne vont pourtant pas manquer à Helsinki. Hors le dossier énergétique crucial, l'UE et la Russie doivent discuter de sujets aussi divers que l'abandon par la Russie des taxes au survol de la Sibérie, les droits de douanes ferroviaires, la sûreté nucléaire ou les accords douaniers. Moscou fait en effet traîner l'entrée en vigueur des accords avec les pays Baltes, utilisant les taxes comme un moyen de pression commercial.

Poutine le trouble-fête peut toutefois se targuer d'avoir réveillé, à travers le veto polonais, le débat sur la règle de l'unanimité au sein des Vingt-Cinq pour l'ouverture de négociations.