Les deux prostituées avaient livré la semaine dernière à la barre du tribunal de Lille (nord) un témoignage entrecoupé de larmes sur le caractère brutal des rapports sexuels avec DSK, ce qui, selon elles, montrait bien qu’il savait parfaitement qu’elles étaient des prostituées et non des libertines.

«Nous avons la conviction que M. Strauss-Kahn avait la pleine et entière connaissance de l’état de prostituée (de ses clientes ndlr). Mais cette conviction ne suffit certainement pas à constituer l’infraction», a regretté Me Gilles Maton, avocat de quatre prostituées dont deux ont abandonné les poursuites, Jade et Mounia.

Une association a également abandonné la partie à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn, jugé aux côtés de treize autres prévenus, et qui encourt dix ans d’emprisonnement.

«Equipes d’action contre le proxénétisme retire sa constitution de partie civile», a déclaré l’avocat de cette association Me David Lepidi lors de l’audience consacrée aux plaidoiries des parties civiles dans le procès dit «du Carlton de Lille», du nom d’un hôtel où des parties fines étaient organisées.

Au cours des trois jours d’audience la semaine dernière, DSK a affirmé qu’il ignorait que les femmes qu’il rencontrait lors de soirées libertines étaient des professionnelles du sexe.

«Pour M. Strauss-Kahn, l’omerta a parfaitement fonctionné», a noté avec ironie David Lepidi, alors que DSK en costume noir, chemise sombre, restait impassible.

Gilles Maton a, lui, évoqué sa première impression à l’arrivée de DSK dans l’antre de la salle d’audience. Il dit avoir vu alors «le minotaure, la puissance à l’état brut», en référence aux dessins érotiques de Picasso centrés sur l’animal mythologique.