Même si le calme est revenu à Bujumbura, la prudence reste de mise, selon les organisations internationales encore sur place. Pour Christophe Beney, délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur place, l'attaque des rebelles hutus du FNL n'est «qu'un épisode d'une guerre qui dure depuis dix ans. Il y a régulièrement des combats extrêmement violents dans le pays. Mais on n'en parle que quand ils touchent la capitale», regrette-t-il, fataliste.

Le délégué espère toutefois que le sommet régional prévu dimanche à Dar es-Salaam, en Tanzanie, permettra des «avancées» dans le processus politique pour mettre fin au conflit. Les FNL seront conviées à des pourparlers séparés, au contraire des Forces de défense de la démocratie (FDD), le principal groupe rebelle.

De son côté, Marc Joly, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF)-Suisse, reste prudent. «Au Burundi, la violence peut monter très vite et redescendre tout aussi vite.» Selon lui, il faut attendre quelques jours pour voir si ce retour au calme se confirme.

Dans l'intervalle, ni MSF-Suisse ni le CICR ne prévoient de faire rentrer leur personnel du Burundi. Pas plus que Terre des hommes, qui ne dispose que d'un seul expatrié dans le pays. «Il faut faire le dos rond, adopter un profil bas» le temps que les violences se calment, a expliqué une responsable de l'ONG basée à Lausanne.

D'autres organisations n'ont pas la même patience. Les agences des Nations unies ont commencé mercredi à évacuer leur personnel non essentiel du Burundi, a annoncé jeudi le coordinateur de l'ONU dans le pays, Sunil Saigal.

Enfin, il reste actuellement au Burundi environ 35 des 60 ressortissants helvétiques immatriculés auprès du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a indiqué à l'ATS le porte-parole du DFAE Alessandro Delprete. Il s'agit pour la plupart de personnes actives dans des projets d'entraide ou de missionnaires, a-t-il précisé.