Moyen-Orient

La puissance iranienne ébranlée en Irak et au Liban

Au-delà de la dénonciation de systèmes corrompus, les manifestations qui ont lieu dans les deux pays ciblent l’ingérence de la République islamique

«Je me marierai à une Irakienne et lui apporterai deux femmes de ménage iraniennes!»; «Vendredi saint pour tous les peuples de Mahomet, sauf l’Iran». Sur la place Tahrir à Bagdad, épicentre de la contestation irakienne, les manifestants rivalisent d’inventivité pour leurs slogans anti-Iran, tandis que le mot d’ordre «l’Iran dehors» se retrouve sur toutes les lèvres et les murs tagués. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre manifestants ont été tués par les forces de l’ordre après avoir tenté d’incendier la représentation consulaire iranienne à Kerbala, ville sainte irakienne située à moins de cent kilomètres au sud de Bagdad. A Nadjaf, autre ville sainte du sud du pays, les manifestants ont remplacé le nom de la «rue Imam Khomeiny» par «rue de la Révolution d’octobre».

Les manifestations qui ont éclaté en Irak le 1er octobre et celles qui ont émergé au Liban seize jours plus tard partagent de nombreux griefs. Les protestataires des deux pays conspuent un système confessionnel désuet, l’absence de services publics, un chômage élevé, ainsi qu’une corruption endémique – l’Irak est le 12e pays le plus corrompu du monde selon Transparency International, et aurait englouti 450 milliards de francs ces seize dernières années, tandis que le Liban est 42e dans ce même classement.