Quand Sergueï Lavrov vient à Genève, c’est rarement pour faire de la figuration. A l’Hôtel Intercontinental en 2009, le chef de la diplomatie russe avait fait remarquer à la délégation américaine emmenée par Hillary Clinton dans le cadre de la «mise des compteurs à zéro» (reset) que sur l’objet offert aux Russes en la circonstance (un gros bouton rouge) figurait une erreur de traduction. Onze ans plus tard, l’indéboulonnable ministre des Affaires étrangères, en place depuis 2004, a même gagné en véhémence au vu des relations tendues qu’entretiennent la Russie et l’Occident. Il est moins l’«ami» de John Kerry quand les chefs des diplomaties russe et américaine se côtoyaient constamment pour négocier l’accord sur le nucléaire iranien à Genève ou à Lausanne.

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