Pak Nam-ki, un responsable nord-coréen des finances, a été exécuté la semaine dernière dans une caserne de la capitale Pyongyang, a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap. Cet ancien directeur du parti communiste avait été limogé début février après la mise en place d’une réforme monétaire à l’origine d’émeutes dans le pays communiste.

La presse sud-coréenne avait indiqué debut février que M. Pak, 77 ans, avait été démis de ses fonctions par le numéro un nord-coréen, Kim Jong-il. En cause: la réévaluation du won en novembre, qui a provoqué une flambée de prix, aggravé les pénuries alimentaires et suscité des troubles dans le pays.

Un décret du 30 novembre a mis fin à la circulation des billets nord-coréens et imposé leur échange contre des nouveaux au taux de 100 anciens pour un nouveau, soit une réévaluation de 100% de fait.

Mais les quantités échangeables ont été plafonnées, ce qui a eu pour effet de ruiner les économies de la population, causant un vif mécontentement.

Cette première réévaluation du won en 17 ans visait apparemment à juguler l’inflation et à enrayer les transactions au marché noir. Elle a au contraire alimenté l’inflation et accentué la pénurie en produits alimentaires, selon Yonhap.

Inquiets de perdre une partie de leurs économies alors que la somme qu’ils étaient autorisés à changer était limitée à 100’000 wons, certains Nord-Coréens se sont précipités sur le marché noir pour les échanger contre des yuans chinois ou des dollars américains.

Des émeutes se sont produites dans le pays, avait rapporté le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo. L’une d’elles, les 5 et 6 décembre dans la ville de Hamhung, s’était soldée par l’exécution de 12 «meneurs».

Afin de calmer la population, les autorités avaient cependant relevé à 500’000 anciens wons la somme pouvant être changée.