La Corée du Nord ouvrira-t-elle enfin ses portes à un rapporteur de l'ONU? La Commission des droits de l'homme l'a demandé clairement au régime de Pyongyang qui refuse toujours, par exemple, de recevoir le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation Jean Ziegler, malgré quatre demandes. Autant dire que le résultat du vote de la résolution (29 pour, 8 contre et 16 abstentions) déposée par l'Union européenne dénonçant les abus dans ce pays ermite n'est pas une surprise. Le texte fait état de «violations généralisées, massives et graves des droits de l'homme» dans le pays accusé de pratiquer la torture, les exécutions publiques et de recourir à la détention arbitraire.

La Corée du Nord a aussitôt rejeté «catégoriquement» ce document. Sa délégation n'a pas pu, en revanche, empêcher les organisations humanitaires qui suivent la situation sur place de se réunir au Palais des Nations. L'une d'entre elles, l'organisation sud-coréenne «Good Friends», y a présenté un rapport sur la très grave situation alimentaire du pays, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue entre les deux Corées. «Cela permet quand même des échanges. Et les Nord-Coréens ont avant tout besoin d'être en contact avec l'extérieur», affirme une de ses responsables, de passage à Genève. Deux livres ont aussi circulé: le premier Ici, c'est le paradis (Ed. Lafon) relate l'extrême pauvreté vécue par un adolescent nord-coréen aujourd'hui passé au Sud. Le second, tout juste paru en anglais, Kim Jong-il, North Korea Dear Leader (Wiley Publishing), détaille les abus du maître de Pyongyang. Deux lectures qui, à elles seules, en disent plus long sur le délabrement du pays et l'impasse dans laquelle il se trouve que le texte de la résolution.