A 42 ans, Qaddura Fares est sans doute l'une des personnalités les plus prometteuses de l'Autorité palestinienne. Membre de la nouvelle génération du Fatah, il est un ardent défenseur de l'Initiative de Genève, lancée il y a un an par un groupe d'Israéliens et de Palestiniens.

Le Temps: Comment expliquez-vous les déclarations de Souha Arafat?

Qaddura Fares: Je vois trois possibilités. Cela pourrait être le malheur qu'exprime une femme venant de perdre son époux. Mais je n'y crois pas. Restent les questions d'argent, mais, si elle estime avoir des droits particuliers, il existe des tribunaux pour les faire valoir. Enfin, ce peuvent être des agissements d'un Etat, d'un groupe ou d'un appareil de sécurité visant à brouiller l'image de l'Autorité palestinienne.

– Vous pensez au chef de la sécurité à Gaza, Mohammed Dahlane?

– Si Dahlane souhaite plus de pouvoir, il a toute une palette de possibilités tant qu'il agit au sein des institutions, d'une manière démocratique…

– Quels changements préconisez-vous aujourd'hui?

– On ne peut pas tout bouleverser du jour au lendemain si nous voulons éviter la rupture au sein des Palestiniens. Nous devons progressivement préparer tous les groupes à l'idée d'un cessez-le-feu. Mais, pour cela, il nous faut leur donner des garanties que les actions israéliennes cesseront elles aussi. C'est à la communauté internationale de saisir cette chance en entrant de plain-pied dans le processus. La clé de la réussite, c'est Gaza. Mais c'est aussi la réforme du Fatah, qui est devenu le principal problème interne de la Palestine. Or, il n'y a pas de réformes sans élections. A cause des barrages militaires, des opérations israéliennes, ces élections générales sont aujourd'hui impossibles à organiser. Mais nous devons trouver d'autres voies, comme l'élection du président par les membres du parlement.